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[LECTURE] L’agriculture 4.0 contre l’autonomie des paysans, en BD

lundi 21 septembre 2020
[LECTURE] L’agriculture 4.0 contre l’autonomie des paysans, en BD

La Revue Dessinée, publication trimestrielle, s’intéresse cet automne aux développement de l’agriculture numérique, à ses puissants lobbys, au soutien qu’elle reçoit des pouvoirs publics… et à une démarche inverse, portée par l’Atelier Paysan, qui ne demanderait qu’à être généralisée.

Marion Touboul et Léo Quievreux étaient venus à l’Atelier Paysan début mars, juste avant le confinement. Six mois plus tard, leur reportage en BD paraît dans le numéro 29 de La Revue Dessinée. « Le futur est dans le pré » nous plonge dans ce qui est perçu par la majorité des agriculteurs, agricultrices, décideurs et décideuses politiques comme la marche inéluctable du « progrès » : le développement de capteurs, drones, outils de guidage GPS et algorithmes en tout genre pour optimiser une logique à l’oeuvre depuis l’après-guerre. Car en dépit des annonces récurrentes sur la « révolution » du numérique en agriculture, ce reportage rappelle qu’il ne s’agit que de la sophistication d’une approche industrielle, par essence déshumanisante et dévastatrice pour la paysannerie et l’environnement.

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Coût économique (compensé, pour les équipementiers, par des mécanismes de soutien public directs ou indirects), non-sens écologique (par la consommation de matières premières et d’énergie nécessaires à ces technologies, et par la non remise en cause d’un modèle de production agricole dévastateur), le reportage tente de soulever des interrogations qui semblent ne pas effleurer le gouvernement. Ce dernier fait d’ailleurs à nouveau, au moment même où le numéro est en kiosque, un nouveau pont d’or aux industriels de l’agroéquipement, dans le cadre du Plan de Relance. A cette plongée dans l’avenir orwellien que nous prépare activement le lobby agro-industriel, avec le concours efficace de la recherche publique, est opposée la démarche autonomisante de l’Atelier Paysan, avec une visite commentée par Joseph Templier, co-fondateur de la coopérative.

Le reportage, très utile pour découvrir le sujet, ne soulève cependant que de façon trop superficielle une réflexion dans laquelle l’Atelier Paysan a engagé beaucoup d’énergie depuis deux ans : comment ne pas être cantonnée au rôle de sympathique alternative, dont s’accommodent parfaitement les tenants du modèle dominant ? Une réflexion qui devrait se traduire, dans les prochains mois, par de nouvelles publications, auxquelles nous travaillons actuellement d’arrache-pied.

A suivre…