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[FORMATIONS] Formation installation… c’est parti !

lundi 28 septembre 2020
[FORMATIONS] Formation installation… c’est parti !

Depuis le 7 septembre, la première session de la formation « S’installer avec l’approche collective des technologies paysannes » a démarré en Bretagne. Une promo de 12 porteurs et porteuses de projet avec une motivation au top réuni∙e∙s pendant 7 semaines pour se doter de compétences en technologies paysannes et s’équiper. Retours sur ces premières semaines intenses !


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Les premières découpes de métal se répartissent progressivement sur les palettes alignées le long du hall. Sur les panneaux, on peut lire : « Cultibutte / 3 », « Rouleau FACA / 1 », « Four à pain / 1 », « Roll & Roll / 2 ». Ça y est, la production d’outils a démarré et va se poursuivre pendant 3 semaines avec en ligne de mire 2 à 3 outils par stagiaire. Une pluralité d’outils à l’image de la diversité des installations à venir pour les 12 stagiaires : outils tractés de travail du sol pour des installations en maraichage en planches permanentes, outils légers et à main (type campagnole et houe maraichère) pour des installations moins mécanisées ou en complément d’outils plus conséquents, charriots de portage ergonomiques pour limiter la pénibilité, outils viticoles ou encore outils de transformation comme un four à pain pour un projet d’installation en boulange paysanne.


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Au-delà de ces outils qui prendront progressivement forme dans les 3 prochaines semaines, l’ébullition de l’apprentissage est palpable dans les locaux bretons de l’Atelier Paysan basés à Saint Nolff (56). Et déjà, l’effet de la semaine d’initiation consacrée à l’apprentissage des fondamentaux et à l’équipement de l’atelier se fait sentir. « Je partais pour ma part de zéro sur le plan de la soudure, voire même de moins vingt ! Cette première semaine m’a permis de me sentir plus l’aise, d’avoir moins d’appréhension » raconte Nico qui porte un projet d’installation en maraichage en collectif à Vezin-le-Coquet (35).

Vincent, qui s’installera dans un an dans le Nord de Rennes (35) sur un projet de maraichage en individuel, se sent quant à lui lancé pour les trois semaines de chantier d’auto-construction « Avec le fait d’avoir plusieurs semaines, on va pouvoir enchaîner tout en passant du temps sur chaque machine ou poste – découpe, perçage, assemblage. Ça permet de vite prendre la main ! ». Mélissa, qui s’installera en collectif à Plessé (44) avec un projet de maraichage, brasserie et boulange, a quant à elle particulièrement apprécié la pédagogie proposée pour la semaine d’initiation « On est rentré directement dans le concret du travail du métal, sans attendre. Avec ensuite des aller-retours par la théorie. Et finalement, ça le fait alors que je n’avais presque jamais soudé avant ! ».


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Si tous et toutes ont aujourd’hui le nez dans la technique, les échanges de la semaine dernière semblent encore bien présents dans les têtes. Une semaine de voyage d’étude à base de visites de fermes, d’échanges avec des sociétaires de l’Atelier Paysan et de questionnements politiques qui n’a laissé personne indifférent∙e, comme en témoigne Vincent : « Cette deuxième semaine était vraiment géniale. C’est venu mettre du sens et politiser quelque chose chez moi. Je ne me voyais pas m’installer sans maîtriser mes outils de travail mais je ne mesurais pas autant la nécessité de se saisir collectivement de ces questionnements sur la technique ». Et Nico de compléter « Cela a permis de clarifier le fait qu’on n’allait pas changer le monde individuellement, juste sur notre ferme. On sera forcément en proie avec des réalités plus larges qui nous dépassent, par exemple sur les prix. D’où l’importance de porter collectivement des combats politiques ». Des questionnements parfois nouveaux et bien souvent inexistants dans les cursus classiques type BPREA qu’ont fréquenté un bon tiers des stagiaires de la promo.
Cette seconde semaine est également venue interroger la question des rapports de genre en agriculture, mais aussi à l’Atelier comme le raconte Mélissa « Apprendre que les chariots utilisés en atelier pour ranger les outils, ça s’appelle des servantes, ça donne quand même à réfléchir ! Et côté visite, on aurait aimé pouvoir discuter avec plus de femmes, qui sont souvent moins visibles sur les fermes, même quand ce sont elles les cheffes d’exploitation et l’homme conjoint collaborateur. Pour la prochaine session, plus de paysannes ! ».


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Des premières semaines denses mais aussi synonymes de rencontres entre porteurs et porteuses de projets engagé∙e∙s dans une même dynamique d’installation en agriculture paysanne. « On assiste à la constitution d’une sorte de promo ce qui n’est pas habituel pour nous à l’Atelier Paysan qui ne fonctionnons que sur des journées ou des semaines de formation, indépendantes les unes des autres. Ça vient créer des liens et laisse la place à de vrais partages et échanges. C’est riche et assez émouvant. Cet esprit d’entraide et cette expérience incroyable vécue ensemble auront des effets positifs quand chacune et chacun rentrera sur sa ferme » observe Hugo Persillet, formateur à l’Atelier Paysan, impliqué sur la semaine de voyage d’étude.

Cette première session bretonne sera suivie d’une seconde (déjà complète) à partir du 19 octobre, toujours en Bretagne. L’Atelier Paysan souhaite ensuite renouveler cette formation en Bretagne en 2021, et la faire émerger également en Auvergne-Rhône-Alpes, puis dans d’autres régions.

Si cette formation vous intéresse, faites-le nous savoir en remplissant ce bref sondage en ligne : https://framaforms.org/formations-longues-a-latelier-paysan-restons-en-contact-1601048469