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Témoignage de sociétaires

jeudi 10 décembre 2015
Témoignage de sociétaires

Qu’est ce qui fait qu’on devient sociétaire de l’Atelier Paysan quand on est une structure de développement agricole ? Voilà le genre de question que l’on a posé aux associés concernés de l’Atelier Paysan. Ici, Sophie Duriez, coordinatrice du GAB29.

Préambule à cette série de témoignages : Une campagne de prise de parts !

L’Atelier Paysan est une SCIC SARL (Société Anonyme à Responsabilité Limitée). Un maximum de 99 sociétaires peut prendre des parts de la coopérative. Si l’Assemblée Générale venait à accepter un 100eme associé, la coopérative basculerait automatiquement en SA (Société Anonyme). Cela signifierait qu’au lieu d’avoir des co-gérants élus par l’Assemblée Générale, un Conseil d’Administration devrait être mis sur pied pour accompagner l’équipe salariée dans la gestion du quotidien de la structure.
Statut SARL + délégation à des co-gérants est la stratégie privilégiée par l’Atelier Paysan. C’est pourquoi nous cherchons à faire rentrer au capital des structures, des personnalités morales, qui représentent des usagers de l’autoconstruction agricole, plutôt que d’ouvrir très largement le sociétariat à un maximum de personnes individuelles.
Depuis sa conversion en SCIC en avril 2014, l’Atelier Paysan mène une campagne pour encourager le sociétariat de personnes morales.

Le témoignage du GAB 29

Sophie Duriez est coordinatrice du Groupement d’Agriculteurs Biologique du Finistère, membre du réseau FRAB régional et donc FNAB. Voici son témoignage :

Peux-tu nous expliquer ce qui a décidé le GAB29 à intégrer l’Atelier Paysan ?

Le GAB travaillait déjà depuis deux ans avec Vincent, votre technicien basé dans le Finistère. Avec la dynamique des formations, des journées techniques et des groupes de producteurs en train de se monter pour développer des outils, on sentait que les actions de l’Atelier Paysan répondaient vraiment à une demande, qu’il y avait notamment une forte attente au niveau des maraîchers. Et puis nos techniciens ne peuvent pas tout faire, nous n’avions pas les compétences en interne, il fallait donc passer par la coopérative.
De plus, l’Atelier Paysan est un réseau ami, issu des GAB (la démarche a été lancée par le GAB ADABio en Rhône-Alpes, puis portée par une association dédiée ADABio Autoconstruction, avant d’être convertie en SCIC l’Atelier Paysan). Le CA du GAB29 a pu entendre les arguments de Fabrice, venu présenter la démarche de l’Atelier Paysan. Nos techniciens ont apporté leurs témoignages sur ce qui était déjà en place avec Vincent sur le terrain. Et nous souhaitions continuer à en faire bénéficier nos adhérents. Cela apporte vraiment une corde supplémentaire à notre GAB. Bref, le projet de fond et les actions concrètes nous ont convaincu de nous impliquer.

Comment tu définirais le sentiment d’appartenance à l’Atelier Paysan ?

Pour nous, aujourd’hui, l’Atelier Paysan c’est notre structure. C’est notre structure et cela lève toute défiance. On ne se dit pas que l’Atelier Paysan vient sur notre territoire, en concurrence. On ne peut pas être en concurrence avec une structure dont on est membre. De plus, quand on se sent membre, on active plus facilement l’équipe salariée. Les projets de la coopérative sont concrètement dans notre ordre du jour. Bref, on se sent investis, nous sommes des relais locaux de l’Atelier Paysan.

Comment s’implique le GAB29 dans la gouvernance de l’Atelier Paysan ?

Être membre donne la possibilité de s’exprimer sur la conduite de la structure, ses orientations. Nous savons que le CAO (Comité d’Appui et d’Orientation) nous est ouvert une fois par mois, que l’on peut y interpeller les sociétaires, les co-gérants. De manière générale, il est très facile de contacter et d’avoir accès à ceux qui font tourner au quotidien la structure et ceux qui en sont responsables. On sent que c’est fluide. On reçoit quand même pas mal d’infos, et il y a un effort de transparence derrière.

Que dire de la mise de départ ? Le GAB a pris 500€ de parts.

On ne serait pas allé au-delà d’un engagement de 500€ de parts, notre trésorerie ne nous l’autorise pas. Mais cette dépense est absorbable et elle n’a pas à être renouvelée chaque année. De plus, ça ne compromet pas le résultat comptable de l’année puisque cela vient s’inscrire dans le bilan.

Le statut SCIC, qu’est-ce que ça t’inspires ?

Le statut SCIC me parait éclaircir « le qui fait quoi » dans une structure. On constate pas mal de limites au modèle associatif où les agriculteurs adhérents qui s’impliquent au Conseil d’Administration sont mis dans une posture où ils sont souvent en échec. Un CA ne devrait pas être fait pour gérer une équipe mais devrait plutôt avoir à mobiliser les énergies pour porter le projet de développement de l’agriculture biologique. En répartissant mieux les rôles et mobilisant les producteurs sur les orientations, la vision, la SCIC (SARL en tout cas) me semble cohérente.

Plus d’infos sur la prise de parts :
  • Retrouvez d’autres témoignages dans les semaines à venir !
  • Vous êtes intéressés par le sociétariat ? voici notre plaquette...
  • N’hésitez pas à contacter Fabrice Clerc pour plus de renseignements