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Épierreur

Épierreur

Voici les plans d’une table d’épierrage pour paysan·ne·s boulange·re·s, permettant de séparer les petits cailloux contenus dans une récolte de grain, avant le travail de meunerie. Développé depuis début 2018, cet outil va encore évoluer prochainement, lors d’une prochaine session de prototypage au printemps 2019.

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PROTOTYPE EN COURS D’ÉVOLUTION !

Cette page présente la version 2.1 de l’outil, une version complémentée et améliorée suite à 2 sessions de prototypages.
L’outil commence à être mature, mais il lui reste encore beaucoup d’évolutions à venir avant d’être dans une version “stable”.
La page qui suit utilise des images de l’outil dans sa version prototypée en mars 2018 (version 2.0).
Suite à ces retours, les plans ont été mis à jour pour aboutir à une version 2.1 qui sera prototypée au printemps 2019. Pas mal de nouveautés à venir donc pour aboutir à une version stable d’ici à 2020.

D’ici-là, l’ensemble de la description de l’outil reste valable pour comprendre son fonctionnement, ses pistes d’amélioration et surtout le travail en cours !


Historique et origine :

Après la récolte, séparer les petits cailloux résiduels des grains est une étape vitale pour quiconque souhaite transformer en farines ses céréales. Cela évite de détruire sa meule ainsi que les dents de amateurs de bon pain !
Plusieurs méthodes sont disponibles selon le type de production et ses moyens. L’epierreur est l’une d’entre elles.
Le projet a cristallisé autour d’un groupe de paysans-boulanger qui souhaitaient reproduire un outil ancien : une table d’épierrage utilisée par Christian Linares (voir l’article sur le forum ici)
Depuis : 3 séries de plans et 2 séries de prototypes !

Les photos qui alimentent cet article proviennent du prototype de Julien Metayer, paysan-galettier installé depuis 2016 à Saint-Jean-Brevelay dans le Morbihan.
Sa récolte de blé noir était très chargée en petits cailloux, que le trieur ne pouvait pas éliminer. Naturellement, ces cailloux lui auraient ravagé son moulin, et fait perdre tous ses clients. Lorsqu’il a entendu dire que l’Atelier Paysan proposait une première formation à l’auto-construction d’un prototype d’épierreur, il n’a pas réfléchi longtemps !

Un aperçu du travail de tri en sortie de l’épierreur, avec ici le grain très chargé en petits cailloux : autant de pierres qui seront épargnées au moulin !

Il a donc participé en mars 2018 à une formation de l’Atelier Paysan de 5 jours à Loudeac (22) afin de fabriquer un prototype (correspondant à la version V2.0 des plans). Trois exemplaires ont alors été fabriqués. Tous sont actuellement en Bretagne (1 chez Julien, 1 chez Jean-Marc Even (Peillac, 56) et 1 chez Morvan Le Coz (Saint Adrien, 22)).

Depuis, il utilise l’épierreur quasi-quotidiennement et en est très satisfait, malgré, évidemment, pas mal d’idées d’améliorations en tête.

Ses retours ont permis de faire mûrir l’outil vers sa version 2.1 !


Présentation générale et fonctionnement de l’outil :

Principe général :

Cet épierreur est un outil permettant de retirer les petits cailloux pouvant être présents dans les grains, après la récolte. Son fonctionnement est basé sur l’oscillation d’un labyrinthe en tôle légèrement incliné qui, du fait de la gravité et des rebonds, permet de diriger les grains et les cailloux dans deux directions opposées. L’ensemble de la table est animé par des lames oscillantes montées sur le châssis, connectées à un bloc moteur électrique.

Une vidéo revenant étape par étape sur l’épierreur (version 2.0) :


Fonctionnement du labyrinthe :

  • Un conduit se situe en partie haute du labyrinthe : c’est par là que le grain chargé en cailloux est amené par une grande trémie couplée à une seconde, plus petite, qui permet la régulation du débit d’entrée (pour l’instant, cette dernière reste à adapter par chaque utilisateur·rice sur sa ferme) et envoyé à l’intérieur du labyrinthe.
  • Une fois à l’intérieur, les oscillations font remonter le grain plus léger le long de la pente, alors que les cailloux, plus lourds, sont envoyés vers le fond du labyrinthe.
  • De retour en haut, le grain suit le conduit de sortie pour être récupéré trié, alors que les cailloux sont concentrés dans un caisson en partie basse, qui peut être vidé régulièrement.

Ce système permet de supprimer complètement les cailloux du lot de grain évacué en partie haute.


Caractéristiques techniques & éléments :

Débits : entre 50 et 100 kg de grain à l’heure, selon les premiers essais sur du blé noir.

Éclaté général :

Zoom sur le bloc moteur :


Pistes d’améliorations :

Les pistes suivantes ont été relevées suite aux retours de Julien Métayer, après quelques mois d’utilisation du prototype fabriqué en mars 2018. Une partie de ces pistes ont été traitées dans la révision 2.1 de l’outil d’autres sont encore à l’étude, d’ici là vous pouvez en prendre connaissance en cliquant sur les thématiques ci-dessous :
Pour comparer, les plans de la version 2.0 et de la version 2.1 sont en pas de la page !

Châssis :

  • Vibration et simplification : Le châssis de la V2.0 était fait en fer en U de 60x30 et du fait de sa construction était assez peu contreventé. La révision 2.1 le transforme en tubes carrés et intègre des raidisseurs pour simplifier la construction et limiter les vibrations.
  • Ancrage au sol : Initialement il était supposé que l’ensemble serait suffisamment lourd pour se passer d’ancrage au sol. Force est de constater que le mouvement oscillant de table fait se déplacer l’épierreur. La version 2.1 inclut donc des platines pour la fixation au sol.
  • Cartérisation : des parties mobiles, des bords pointus et donc un besoin important de sécurisation de la machine ! C’est un des gros chantiers du passage de la V2.0 à la V2.1 : la mise en place de carters pour augmenter la protection de l’usager !

Transmission :

  • Amélioration des axes : une partie des axes présentait trop de jeu (au niveau de la bielle notamment), mais aussi la fabrication des axes de la réduction qui était complexe et les rendait fragiles. La version 2.1 intègre donc des ajouts qui vont : réduire les jeu, simplifier la fabrication et donc rendre la machine plus durable ! Des suites après le prototypage de 2019 !
  • Modification bloc moteur et réduction : une piste d’amélioration qui sera étudiée sur l’été 2019 : ne serait il pas possible de déplacer le moteur sous la table pour obtenir un système plus compact et plus simple envelopper dans un carter ? Une campagne de mesure sur la consommation électrique sera à faire en parallèle pour ajuster le dimensionnement du moteur et éventuellement réduire les coûts.

Fabrication :

  • Modification des pivots lame/labyrinthe : la jonction mécanique a été revue au niveau de la liaison entre les lames et le labyrinthe pour simplifier la fabrication et le montage de l’outil sur la révision 2.1. La passage sur un système à roulement à bille est plus tolérant sur les désaxages et plus simple à fabriquer. Gage de durabilité !

Les petits détails qui font la différence…

  • Élimination de la poussière : ajout d’un tamis à l’entrée. Afin d’évacuer au maximum de la poussière présente dans le grain, et qu’on voit sur le plateau de l’épierreur, Julien imagine la possibilité d’ajouter un tamis à un endroit où la totalité du grain passe. Le triangle d’entrée semble être approprié. Le fond de cette partie pourrait donc être fait d’un tamis fin laissant tomber la poussière, au lieu d’une tôle. Pour pousser plus loin, on pourrait imaginer un petit bac de récupération de cette poussière en dessous, pour éviter que celle-ci ne vole, par exemple sur le grain propre qui sort de l’épierreur…
  • Ajout d’un aimant en sortie : Julien a ajouté deux petits aimants, posés sur le conduit de sortie du grain. On y voit dessus une fine couche de poussière métallique, issue probablement du trieur utilisé en amont, voire de l’usure de la tôle de fond de l’épierreur (qui est brillante comme de l’inox, preuve de son « ponçage » permanent par le grain). Les quantités récupérées sont infimes, mais ça ne mange pas de pain !

  • Mouvement légèrement circulaire du plateau  : Le mouvement de va-et-vient principal du plateau, celui créé par la rotation du moteur, va de droite à gauche. Il se trouve qu’un léger mouvement d’avant en arrière a lieu également, mais uniquement côté transmission. Il est lié je pense au jeu axial au niveau des pivots entre les lames ressort verticales et le bâti du plateau. Ce mouvement n’a lieu que du côté de la transmission, car de l’autre côté, la bielle « tient » le plateau et empêche ce mouvement. Il est dur de connaître l’influence de ce mouvement (non prévu à priori) sur la qualité du travail de tri. Peut-être même est-il positif à ce niveau-là…
  • Ajout d’une petite trémie de réception du grain en entrée, fixée au plateau : En raison du léger mouvement d’avant en arrière du plateau (voir paragraphe précédent) et comme le couloir d’entrée du grain est assez étroit, il y a un peu de perte à cet endroit-là : du grain tombe à côté. Une possibilité serait d’ajouter une petite trémie, fixe par rapport au plateau, de réception du grain qui arrive de la trémie supérieure. Le fait de limiter de mouvement de translation parasite (en réduisant le jeu axial des pivots) serait sûrement une meilleure solution. Les photos ci-dessous vous donneront un aperçu de la solution bricolée par Julien, qui peuvent servir de base pour l’amélioration de la prochaine version

  • Trappe de sortie des cailloux : Actuellement, la trappe de sortie du grain chargé en caillou est simplement fermée par une petite plaque de bois vissée. On l’enlève de temps en temps pour vider le grain chargé. Elle pourrait être remplacée par une petite trappe à ouverture réglable (hauteur de l’ouverture), fabriquée de la même manière que la trappe en tôle de la trémie d’entrée du grain. La trappe pourrait donc rester ouverte de quelques millimètres en permanence, et laisser ainsi les cailloux s’évacuer.

Idées supplémentaires :

  • Ajout d’un capteur de fin de trémie (trémie vide) qui coupe l’alimentation du moteur ;
  • Ajout de Silent bloc sous le moteur ;
  • Autre solution : ne pas fixer le moteur sur le châssis, mais sur un support indépendant, pour qu’il ne subisse pas les vibrations liées au mouvement qu’il entraîne ;
  • Peut-être faire des tests filmés avec des cailloux et des grains peints en couleur, pour étudier les trajectoires.

Une session de prototypage en images :

Quelques images d’une formation dédiée à la boulange paysanne, qui s’est tenue début février 2019 en Anjou (49). Au programme : prototypes de l’épierreur et fabrication de plusieurs brosses à blé :

[Prototypage] Épierreur & Brosse à blé


DOCUMENTS A TÉLÉCHARGER

SOUTIENS

Ces travaux bénéficient du soutien financier de l’Europe et du Réseau Rural National, par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l’Atelier Paysan sur "L’innovation par les Usages, un moteur pour l’agroécologie et les dynamiques rurales" (2015-2018), ainsi que sur "L’innovation par les UsageR·E·s, un moteur pour l’agroécologie et les dynamiques rurales" (2018-2021). Plus d’infos à ce lien.

LICENCE LIBRE

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