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Bâtis autoconstruits • Paysan boulanger : Bâtiment de stockage et meunerie

C’est dans les années 90 que Dominique Truc reprend la ferme de 10 ha de son père dans le joli village de Montbrand (05). Située à 1000 m d’altitude, avec des hivers vigoureux et une faune sauvage bien présente, l’endroit est limite pour la production de céréales mais cela ne décourage pas Dominique qui développe progressivement l’activité de meunerie boulangerie, tout en conservant une activité de polyculture élevage.

Aujourd’hui la ferme du Forest s’étend sur 250 ha dont 80 ha de céréales, 80 ha de prairies temporaires et le reste en prairies de fauche et pâturages. La production de céréales, complétée par celle du GAEC des Montagniers et par l’achat de céréales localement, permet de produire environ 30 tonnes de pain/an et le reste en farine : 120 t de blé et 40-45 t d’épeautre. Cette activité est complétée par la production de bois déchiqueté : 400 à 500 tonnes, et par un troupeau de vaches à viande : 55 mères Limousine.

Très intéressé par la transition énergétique, Dominique a installé des panneaux solaire sur l’ensemble de ses hangars, produisant ainsi 400000 kwatt/an.

Dans l’idée de faire au moins chers et de favoriser les emplois locaux, Dominique a réalisé ses bâtiments avec des artisans du coin. Il a également réfléchi à des systèmes pour gagner en ergonomie dans ses activités de tous les jours : système de brûleur à copeaux pour son four à pain (plus de corvées de bois !), vis mélangeuse pour mouiller le grain, installation d’un vérin sur sa déchiqueteuse.

Dominique a autoconstruit deux moulins Astrié à partir du modèle qu’il avait réalisé chez les frères Astrié mais il n’a pas souhaité partager les plans de ses moulins.

La ferme du Forest.jpg

CONTEXTE

Historique :

Installé dans les années 90 sur les 10 ha de la ferme familiale, Dominique récupérer des terres et s’agrandit en 1992, lorsqu’une grosse ferme du village voisin s’arrête.

Dès son premier mois d’installation, ce petit fils de boulanger fait son pain dans le four de la ferme, à l’époque des fournées de 20 kg. Petit à petit il se concentre sur cette activité de paysan-boulanger, tout en conservant une activité de polyculture-élevage.

Très vite il se rend chez les frères Astrié où il fabrique son premier moulin et découvre la philosophie du pain. Au bout de 9 mois il construit un nouveau four qui lui permet de faire des fournées de 110 kg de pain.

Aujourd’hui 10 personnes travaillent à la ferme du Forest, dont 2 meuniers-boulangers, et depuis 2 ans le GAEC s’est associé en SAS avec le GAEC des Montagniers, pour la production de céréales, pain et farine.

Nature de l’exploitation et des surfaces :

  • 250 ha dont 80 ha de céréales, 80 ha de prairies temporaires et le reste en prairies de fauche et pâturages
  • 400 à 500 t de bois déchiqueté
  • Vaches à viande : 55 mères Limousine

Commercialisation : vente du pain en magasin (très peu de vente directe car peu de grosses villes aux alentours), quelques bêtes à viande vendues sur un marché à la ferme à Veynes, le reste dans une coopérative bovine.

LA MEUNERIE :

  • Équipement de meunerie acheté : cellule tampon entre la moisson et le tri, décortiqueuse à épeautre, cellule ventilée pour le stockage après un premier tri (deuxième tri avant mouture).

Tri et stockage du grain.jpg

  • Premier moulin autoconstruit chez Astrié puis les suivants reproduits et bricolés : changement du moteur pour un moteur plus simple et consommant moins, moteur gros et lent, meule de 1 m à 100 tours/minute.

Moulin Astrié.jpg

> Moulin Astrié les plus adaptés pour prendre dans le blé ce qui est intéressant et enlever ce qui ne l’est pas, permet de faire du pain de grande qualité, redonne de la valeur ajoutée aux petits paysans.

  • Une astuce : la trémie des moulins est divisée en quatre compartiments, l’ouverture de chaque compartiment est reliée à des ficelles qui permettent de choisir les graines à moudre ; ici seigle, blé ou deux types d’épeautre.

fisselles.jpg

  • Une vis mélangeuse est utilisée pour mouiller le blé : récupération d’une ancienne vis mélangeuse utilisée pour mélanger la soupe des cochons. Avant, Dominique utilisait une bétonnière agrandi mais ce système était dangereux lors de la bascule, la vis mélangeuse est plus pratique et moins risquée.

Vis mélangeuse.jpg

BATIMENT DE STOCKAGE DES COPEAUX ET FUTUR ATELIER :

Les copeaux bois pour la chaudière de la maison et le four à pain sont stockés dans ce bâtiment. En effet, le four à pain est alimenté par [url]un brûleur à copeaux modifié[/url].

bâtiment_Stockage.jpg

Coût : 75 €/m² pour le bois

Surface : 350 m²

Besoin initial : Lieu de stockage des copeaux suite à l’installation du brûleur + espace pour installer un atelier de mécanique.

Conception : Un bâtiment déjà existant, construit par une entreprise, à été pris comme exemple pour la structure du nouveau bâtiment. L’existence sur la ferme d’un modèle à échelle réelle a permis à Dominique d’en étudier la structure et de s’en inspirer pour la conception de la nouvelle charpente.

Choix constructifs :

  • Soubassement : Dalle en béton réalisée avec les graviers de la rivière.
  • Structure primaire : portiques en bois (12m) fixés à la dalle par des platines. Chaque portique est composé d’une ferme en treillis où s’appuie le grand passée de toiture.

Ferme.JPG

Séchoir : Dans son bâtiment Dominique a également installé un système pour sécher les grains trop humides. La toiture est couverte, pour la plus grand partie, par des panneaux solaires qui permettent à la ferme un apport énergétique important. L’air chauffée dans la lame d’air entre les panneaux solaire et la toiture est récupérée par un moteur et menée dans une fausse creusée dans la dalle du bâtiment. La dalle est couverte d’une tôle perforée sur laquelle est déversé le grain. Le seul défaut noté est la longueur du tuyau sous la toiture qui induit une perte de charge.

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Organisation du chantier :

Dominique a commencé par creuser et couler la dalle l’été dernier. Si pour cette phase il a travaillé seul, pour la phase de construction il a embauché un charpentier. L’ensemble du chantier à donc été mené par le charpentier avec l’aide de Dominique aux moments clefs. Dominique souligne l’importance d’avoir employé une main-d’œuvre locale pour cette construction.

Les grumes de bois ont été amenées dans la scierie juste à coté de la ferme. Avec l’aide de Dominique, le charpentier à coupé le bois qui a ensuite été amené sur le chantier (à 150 m) et assemblé sur place.

Pendant la visite nous avons pu découvrir aussi [url]un séchoir à plantes[/url] fait par le père de Dominique.

POUR ALLER PLUS LOIN

  • L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) pour avoir des infos sur les aides à l’équipement : http://www.ademe.fr/
  • Sur les moulins Astrié :

D’autres exemples d’autoconstruction en meunerie-boulangerie :

paysan-boulanger-ergonomie-autoconstruction-t3252.html

stockages-grains-meunerie-panneaux-bois-t3313.html

paysan-boulanger-roue-auget-autoconstruction-t3172.html

adaptation-four-gueuloir-t2829.html

Des travaux de R&D en cours à l’Atelier Paysan :

Four à pain : http://www.latelierpaysan.org/Four-a-pain-2515

Brosse à blé : http://www.latelierpaysan.org/Brosse-a-ble

Sur l’autonomie énergétique :

energie.html

Statistiques : Posté par Selene AP — 14 Septembre 2017, 10:29 — Réponses 0 — Vus 1