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Cabane à cochon mobile

Cabane à cochon mobile

La cabane à cochons est un outil agronomique adapté aux éleveurs qui désirent faire pâturer leur bande de cochons dans différents parcours. Des expériences ont été faites sur ce principe d’élevage porcin en plein air.

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Dans les grandes lignes, le fonctionnement agronomique de cette cabane se calibre sur une rotation de trois à quatre déplacements par an :

  • Sur les résidus de culture maraîchère (par exemple), au début du printemps : cette pâture permet également de préparer le sol à recevoir les nouvelles cultures de l’année. Les cochons retournent la terre et mangent les dernières racines.
  • Sur une pâture de plein air pendant la saison.
  • Sur des zones forestières et boisées à l’automne. Pendant la saison d’automne, les bois et forêts donnent le maximum de leurs fruits (châtaignes, noix, noisettes, fruits sauvages, glands...) ce qui permet aux cochons de trouver leur propre alimentation naturelle.

Ce concept agronomique dépend évidemment des zones de pâture potentielles de chaque ferme. La cabane est dimensionnée sur 4.5m². La norme bio spécifie la surface de l’élevage en plein air : selon ces normes, la cabane peut accueillir environ 3 à 6 porcs charcutiers, deux truies gestantes. Du point de vue technique et ergonomique, cette cabane à cochons a été conçue avec l’inspiration de celle de Robin Simon (voir le forum de l’Atelier Paysan). Le gros avantage de cette cabane est de pouvoir déplacer l’abri en même temps que les porcs à l’intérieur. Ainsi, la cabane est à la fois un abri et fait office de bétaillère pour les petites bandes de porcs. Le dimensionnement de la structure en acier a été calibré pour ce compromis : entre légèreté, qui avec un attelage triangle permet le déplacement par tracteur, et solidité pour répondre aux contraintes de l’élevage de cochons. La cabane pèse environ 760kg (338kg d’acier ; 374kg de bois pour du douglas de densité 560kg/m3 ; et 48kg de tôle). Selon le poids des animaux, vérifiez en amont que votre tracteur pourra supporter l’ensemble.

Caractéristiques de la conception :

  • Une aération entre les chevrons et le bardage ajouré (par rétractation des bois frais de sciage) sur la toiture. Les cochons craignant plus le chaud que le froid, l’aération de la cabane est faite de manière à créer le moins de courant d’air possible sur les animaux, tout en ayant une circulation d’air suffisante pour éviter les surchauffes.
  • Une hauteur sous toiture de 1m80 en grande hauteur. Ce choix permet à l’éleveur de rentrer dans la cabane de la manière la plus ergonomique possible. En effet, l’éleveur doit pouvoir pénétrer dans l’abri, ne serait-ce que pour nettoyer le paillage.
  • Des portes « pont-levis ». Les portes de la cabane sont à la fois un système de fermeture (lors du transport par exemple) et permettent aux porcs de grimper dans leur abri. Les portes sont placées sur le côté de l’attelage triangle pour situer la surcharge des ouvertures sur la face attelée. Les portes étant placées du côté du tracteur, cela permet de caler la cabane dos à un mur ou à une clôture.
  • Un plancher ajouré/amovible. Les cochons sont, contrairement à tout apriori, des animaux propres. Ceci dit, le plancher ajouré permet d’anticiper les accidents d’urines... Par ailleurs, pour faciliter le récurage de la cabane, il vous suffira de laisser une lames de plancher amovible (une des deux extrémités), de l’enlever au moment du nettoyage de manière à pouvoir faire tomber le fumier par cette ouverture.
  • Des pieds ajustables. La problématique récurrente des bâtiments déplaçables reste le dénivelé. De manière à rendre cette cabane la plus adaptable possible, des pieds ajustables se coulissent dans les poteaux structurels. Cette solution technique permet un battement de 35cm de dévers sur la largeur (2m).

Caractéristiques de la structure et de la réalisation :

  • Bardage : à noter que les cornières, sur lesquelles sont fixées les lames de bardage, sont tournées vers l’intérieur (le plat étant donc vers l’extérieur). De cette manière, le bardage est retenu par les cornières lorsque la poussée vient de l’intérieur, anticipant donc le poids des cochons sur les parois.
  • Epure : une épure (dessin à l’échelle 1) peut-être utile pour l’assemblage de la structure. La perpendicularité des éléments est indispensable pour cette structure car, compte tenu de sa dimension, une différence d’angle peut mener à quelques cm d’imprécision au bout. La méthode est donc simple : le traçage avec exactitude de l’élément (châssis, pan de mur...) à l’aide d’un cordex ou d’un crayon de maçon. Idéalement, cette étape se fait sur une dalle plane. Une fois le dessin réalisé, on vient positionner les pièces de métal découpées en amont ; le pointage se fait au sol ; l’épure sert donc de gabarit assurant l’exactitude de l’orthogonalité. Une fois les éléments pointés, ne pas oublier de positionner les éléments contribuant au contreventement avant de tirer les cordons de soudure, qui risquent d’engendrer une déformation. NB : l’épure peut aussi être utile pour réaliser le bardage sur les pignons de la structure.
  • Équerrage : Autant pour l’épure que pour la vérification de l’orthogonalité, des techniques d’équerrage sont indispensables. La technique courante des charpentiers (le 3 ; 4 ; 5) permet de tracer des angles droit, à 30 et 60 degrés. Elle consiste à représenter un triangle rectangle dont les côtés sont respectivement un multiple de 3, 4 et 5 (ex : pour une longueur de 50 cm, le 3-4-5 serait : 150 cm, 200cm, 250cm). Cette technique peut permettre aisément de tracer une épure au sol. Par ailleurs, pour vérifier l’équerrage d’un pan de mur rectangle avant de le figer par les contreventements, il suffit de s’assurer que les diagonales sont égales. Ces deux techniques permettront également d’assurer un montage propre. Vous pouvez tracer une 3-4-5 à l’aide d’un simple mètre, d’un grand compas, ou d’une ficelle nouée tous les 50cm.
  • Déformation de l’acier : pour tous les assemblages continus (notamment entre le tube du châssis (80*40*4) et la cornière du plancher (60*60*5), il vous faudra limiter les cordons de soudure à des lignes de 50mm de long, tous les 150mm, régulièrement, dessus et dessous. Ceci pour limiter la déformation des tubes qui, par la chauffe de la soudure, vont avoir tendance à se galber.
  • Coaxialité : les pieds ajustables sont donc des tubes coulissant que l’on vient bloquer par une broche. La broche aura donc 4 trous à franchir pour passer de part et d’autre. Aussi, la coaxialité de ces trous est essentiel, même si une marge de 2mm a été prévue.

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SOUTIENS

Ces travaux bénéficient du soutien financier de l’Europe et du Réseau Rural National, par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l’Atelier Paysan sur "L’innovation par les Usages, un moteur pour l’agroécologie et les dynamiques rurales" (2015-2018), dont la FNCUMA, la FADEAR, l’InterAFOCG, AgroParisTech et le CIRAD sont partenaires. Leur contenu sera régulièrement mis à jour tout au long du projet.

Lien vers la page "nos partenaires" : http://www.latelierpaysan.org/Nos-partenaires

LICENCE LIBRE

L’ensemble de cet article, des explications, des photos et des plans livrés sont accessibles à tous. Ils sont diffusables et modifiables à condition que vous mentionniez la paternité de l’œuvre (L’Atelier Paysan), et que vous apposiez sur tout document reprenant ces éléments la même licence utilisée par nos soins, à savoir la Creative Commons BY NC SA.