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TCS • Le "Semavator" : le rotovator avec semoir combiné

Pierre et Gwenn Chesnot élèvent des vaches laitières sur 64ha dans les Côtes d’Armor. Pierre ayant un background dans le travail du métal, il dispose d’un atelier bien fourni, qui lui permet des réalisations impressionnantes.

Continuellement à la recherche d’astuces et autres trucs de bricolages lui permettant de se faciliter la vie, il travaille principalement avec de la ferraille neuve, ce qui lui permet des constructions de qualité quasiment professionnelles.

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Sur base d’un rotavator « KUHN » et d’un semoir, Pierre Chesnot a imaginé un dispositif impressionnant lui permettant de réaliser des semis directs. Pour cela, il a installé le rotavator sur quatre grosses roues de jauges, ce qui lui permet d’en régler la profondeur de travail indépendamment du reste du châssis. Ces roues étant larges et désaxées entre-elles ainsi que par rapport aux roues du tracteur, cela permet de répartir au mieux le poids sur la prairie.

Le semoir est un semoir Kverneland, acheté pour l’occasion. C’est un semoir pneumatique de trois mètres, dont Pierre a gardé la trémie, les buses ainsi que l’entrainement, qu’il a dû rallonger afin de l’installer à l’extérieur des passages des roues. Les systèmes d’enfouissement des graines et d’ouvertures du sol ont été enlevés car remplacés par le rotavator ainsi que la herse étrille.

La herse, quant à elle, a été entièrement autoconstruite (à part les dents) et est composée de trois rangées de dents dont l’agressivité est réglable.

Réglages

De nombreux réglages ont été imaginés par Pierre afin d’obtenir l’action désirée (travail à faible profondeur pour le rotavator et la herse, éviter le bourrage de cette dernière). L’ensemble est bien sur attelé au système d’attelage trois points du tracteur, mais, il est également possible de régler la profondeur du rotavator via les quatre roues de terrage, tandis que l’assiette de la herse ainsi que sa profondeur sont réglables individuellement. Selon Pierre, la mise au point a été fastidieuse mais une fois mis en place, ces réglages ne sont plus destinés à bouger.

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Semoir

Le semoir fonctionne avec une roue d’entrainement classique qui distribue la graine proportionnellement à la vitesse d’avancement.

Pierre y a rajouté une pièce permettant de répartir les graines correctement sur toute la largeur de travail : Il s’agit d’un tube carré percé de part en part destiné à y glisser les tuyaux de distribution des graines. Il y a ajouté un fer plat légèrement incliné destiné à « éclater » les graines. Ce fer plat est escamotable et peut être remplacé par d’autres tuyaux, permettant de distribuer la graine au plus près du sol, s’il désire semer en rangs.

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Itinéraires culturaux

Au départ, conçu pour la préparation du lit de semences en Maïs, ce « Semavator » lui sert maintenant à ensemencer ses prairies lorsqu’elles sont en perte de diversité et de productivité.

Bien que l’utilisation du rotavator soit généralement perçue négativement à cause de son potentiel destructeur sur la faune du sol et sa structure, Pierre est ici, très content du résultat. Son action, combinée avec la herse, permet en maïs, la préparation d’un lit de semences très propre qui ne nécessitera quasiment plus d’entretien par après. Pour cela, Pierre réalise trois passages avant son semis : une fois lentement pour couper la prairie et deux fois plus rapides, à 15 jours d’écart. La herse va faire effet « tamis » et remonter les graines d’adventices qui vont sécher en surface. En dernier passage, Pierre a fabriqué un soc spécifique qui permet de casser la semelle due aux passages répétés.

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Ayant réduit sa production de maïs ensilage en faveur de ses prairies, Pierre utilise maintenant son « Semavator » afin de faire du sur-semis. Lorsqu’une prairie perd en productivité et en diversité, dont il estime l’importance relative à la diversité spécifique et la qualité qu’une prairie apporte à l’alimentation de ses vaches. Il les enrichit ainsi avec un mélange de plantes comprenant des crucifères, du plantain, du trèfle blanc, du trèfle violet, de la luzerne, du ray gras et de la fétuque.

Pour cela, il enfonce son rotavator à 3-4cm, ce qui scalpe légèrement la prairie mais ne la détruit pas, l’idée étant de « déranger » la prairie en place afin de limiter la concurrence des espèces déjà installées au profit des espèces qu’il souhaite y ajouter. Ensuite la herse viendra recouvrir légèrement les graines, tandis qu’un passage de rouleau supplémentaire permettra un meilleur contact graines-sol en cas de besoin.

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Coût et moyens mis en œuvre :

Pierre bricole essentiellement avec de la ferraille neuve, cela lui revient un peu plus cher mais il recherche principalement la qualité. Dans son atelier, il dispose de tout l’attirail nécessaire à ses réalisations (poste à souder, plieuse, perceuse et même une forge !), ce qui lui permet de réaliser sans problème, des travaux complexes.

Le rapport coût/ bénéfice de ce genre de réalisation par rapport à du matériel neuf n’est pas toujours positif, surtout lorsque l’on prend en compte la charge importante de travail que cela implique. Mais on a affaire ici à du matériel de bonne qualité, bien conçu et surtout réalisé selon les désires et les besoins de Pierre.

Ces travaux de recensement bénéficient du soutien financier de l’Europe et du Réseau Rural National , par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l’Atelier Paysan sur "L’innovation par les Usage·R·E·s, un moteur pour l’agroécologie et les dynamiques rurales" (2018-2021).

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Statistiques : Posté par QuentinAP — 03 Mai 2019, 14:48 — Réponses 1 — Vus 3