Accueil > Index de trouvailles paysannes > Bâtis autoconstruits • Conservation F&L dans un bâtiment maraîcher

Bâtis autoconstruits • Conservation F&L dans un bâtiment maraîcher

Au Jardin de la petite Perrière...

Le Jardin de la petite Perrière démarre son histoire en 2009, lors de l’installation de Carine et Cyprien en maraîchage bio, horticulture et petits fruits. Initialement, le site n’avait guère qu’une grange à mettre à disposition de la production agricole et pour l’habitation des paysans alors installés. Rapidement, la grange a été transformée en habitation sur une moitié, l’autre moitié restant une partie agricole.

Pendant le lancement de l’activité, les paysans ont ainsi travaillé avec ce bâtiment. En 2014, le projet d’une construction entièrement dédiée à la partie agricole est lancé. Ensuite, l’autoconstruction s’est chargée du reste.

Le bâtiment ici documenté présente un intérêt principal : la réflexion tenue sur les agencements de stockage des légumes et leur mise en relation thermique (stockage chaud / frai / froid & séchoir). De cette performance énergétique, Cyprien en a fait sa première clef de conception. La réalisation porte aujourd’hui ses fruits car, au-delà du fait que l’esthétique et l’ergonomie de ces espaces est large un succès, la conservation des légumes montre la pertinence du système.

perspective éventrée NET.jpg

•Historique :

oContexte : Installation en 2009 en maraîchage, horticulture et petits fruits, bio. Caroline et Cyprien sont associés en EARL.

oNature de la production et surfaces : Le gros de la production de la ferme est dans l’activité maraîchère. 2,5ha y sont dédiés, avec 1,5ha de légumes de plein et serre. La ferme produit également des petits fruits (notamment transformés) sur 2500m². Et une activité d’horticulture complète le tableau, par la vente de « bouquets de plein champs ».

oCommercialisation : Mon voisin de panier + Marcher hebdomadaire à Ville Fontaine + Vente à la ferme.

oBesoin initial : Construction d’un espace de travail pour toutes les activités de la ferme.

oClef de détermination : Ergonomie, intelligence thermique des espaces de stockage de légumes, matériaux de construction écologiques et finitions esthétiques.

oConception : La conception a été en grande partie faite par les deux paysans de la ferme et le père de Cyprien. Evidemment, un panel d’amis et de gens du métier se sont penchés sur les esquisses.

oParcours réglementaire : En 2014, Cyprien dépose lui-même le permis de construire qui a été accepté dans la foulée.

oInauguration du bâtiment : début des travaux en 2015 // inauguration sept 2016.

Panorama sans titre1 copie (3) NET.jpg

•Construction : neuve

oCoût global : 200 000 €

oSuperficie totale : 140 m² intérieur & 140 m² de hangar.

oChoix constructifs :

−Soubassement : un rang de brique monomur

−Structure : poteau poutre & charpente bois

−Enveloppe : ossature bois et isolation paille (botte de paille horizontale tassée entre chevron) et enduit terre

−Isolation des combles en laine de mouton (20cm)

−Sols : RDC = dalle béton pour toute la partie technique / R-1 = terre pour la cave / R+1 = plancher simple

−Couverture : tuile écaille

−Partie hangar : bardage bois, sol en gravier

•Autoconstruction : partielle

oCharpente & Structure : Pour la petite histoire, c’est le père de Cyprien qui a autoconstruit l’ensemble de la structure et la charpente. Son père étant très bricoleur mais ne voulant pas faire les choses à moitié a donc suivi une formation de charpente pour se former avant d’attaquer les premiers tenons mortaises. Un menuisier est venu prêter mains fortes par moment. Grâce à son investissement, le père de Cyprien a pu faire la majorité des travaux sans perturber le bon fonctionnement de la ferme qui continuait de produire.

oSol du magasin de vente : dalle en terre autoconstruite.

oTerrassement : fait par Cyprien

oMenuiserie / Dalle & Electricité : faits par des professionnels, sous garantie décennal.

oEnduits : faits par un ami autoentrepreneur.

plan NET.jpg

•Usage / ergonomie :

D’après le témoignage des utilisateurs, le bâtiment est extrêmement agréable à vivre. L’ensemble construit se divisé en deux : à l’est la partie hangar, à l’ouest la partie espaces agricoles intérieurs. Le hangar est principalement utilisé pour le stockage des outils, du tracteur, pour bricoler. Ce grand espace couvert mais ouvert laisse libre la superficie selon l’activité que l’on y fait. Au-dessus du RDC, une partie a été installée pour y sécher les oignons et l’ail (monté pour l’instant par une échelle), séchage aidé par la soufflerie de l’air chaud du groupe froid. Côté nord, une rampe d’accès à la cave au R-1 permet un accès en tracteur afin d’amener au plus proche la production de légume que l’on veut y stocker.

Panorama sans titre1 copie (2) NET.jpg

A l’ouest, le reste du bâtiment est fermé par une enveloppe globale fait en ossature bois et isolation paille, enduit terre. Cette enveloppe confère au bâtiment une isolation largement supérieure à ce que l’on a l’habitude voir dans les lieux de travail agricole. Au centre de cet espace, une grande dalle de béton supporte les fonctions de traitement post-récolte des légumes (lavage, conditionnement). Depuis le centre, on répartit alors les récoltes soit dans la chambre froide directement accessible, soit vers la partie hangar pour charger le camion du marcher, soit vers le magasin de vente, ou encore dans le stockage chaud au R+1 via un élévateur électrique. L’été, cette grande pièce de travail est relativement fraiche car la dépassée de toiture au sud protège le mur des rayons du soleil. L’hiver, un poêle diffuse sa chaleur depuis le centre de la pièce.

Panorama sans titre1 NET.jpg

•Circuit thermique :

L’ensemble des espaces de stockage des légumes est entièrement mis en relation. Cela commence par le bas : la cave. La cave fait environ 50m², elle a été maçonnée et son sol est la terre directe. La cave reste environ entre 5 et 10°C toute l’année.

axo et images NET.jpg

Au-dessus est placée la chambre froide de 25m², prenant donc la moitié de l’emprise de la cave. Entre les deux, un plancher maçonné en poutrelle hourdis les sépare avec l’intention de faire connecter les deux espaces froids. A l’usage, de la condensation se créait en sous face du plancher maçonné, condensation qui goutait petit à petit sur les légumes dans la cave. Ce problème a donc été réglé en l’isolant avec des plaques de liège.

coupe NET.jpg

De la même manière, pour augmenter la résistance thermique des parois de la chambre froide (en panneau sandwich), les 5 dernières faces de la chambre froides ont été isolées avec des panneaux de liège. De plus, une lame d’air a été réservée entre le mur du bâtiment et la chambre froide.

Ensuite, le groupe froid a été placé à l’extérieur. En créant du froid, il dégage ainsi de l’air chaud soufflé, ceci dirigé vers les légumes en cours de séchage... sur le séchoir. Pour le moment, cet air n’est pas encore bien mise à profit car le séchoir est au quatre vents, mais le séchoir sera certainement fermé à terme.

Pour finir, la chaleur dégagée par l’ensemble des espaces intérieurs monte au R+1 où l’on trouve l’espace bureau et la conservation des courges (stockage chaud). Les courges peuvent ainsi passer l’hiver dans un espace très sec (notamment dû à la régulation hydrométrique des enduits terre et de l’isolation paille, c’est-à-dire de murs perspirants) et sans chauffage dédié. Le plafond y est isolé en laine de mouton (20cm).

oOrganes internes :

−Cave : 50m²

−Chambre froide : 25m²

−Stockage chaud 25 : m²

−Atelier lavage / conditionnement des légumes : 60m² (environ)

−Magasin de vente 25m²

−Bureau : 25m²

ALLER PLUS LOIN...

•Un livre sur la conservation des fruits et légumes : « Construire sa cave au naturel » ed Ulmer

•Stockage de fruit dans une ferme arboricole http://forum.latelierpaysan.org/chambre ... t3195.html

•Chambre froide en ouate de cellulose : arbo-stockage-calibrage-frigo-ouate-cellulose-t3408.html

Statistiques : Posté par jonas — 04 Octobre 2017, 15:54 — Réponses 0 — Vus 1