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Bâtis autoconstruits • Bâti en kit, local tech. et autres astuces de P. Boulangers

INTRODUCTION

Suite à leur formation en agronomie, Blandine et Vincent ont souhaité s’installer en agriculture biologique, sans pour autant avoir une idée précise de leur production. C’est l’opportunité de terres familiales qui a orienté le choix de leur activité : une production adaptée aux terres, au terroir, à la demande, et qui leur plaisaient. L’activité de paysans-boulangers s’est ainsi présentée à eux, et Blandine s’est installée à Tourves (83) en 2014, aidée par Vincent qui travaillait à mi-temps sur un domaine viticole, et à rejoint la ferme à temps plein l’été dernier.

Installés sur des terres sans aucune construction, Blandine et Vincent ont vite ressenti le besoin d’un bâtiment pour stocker leur grain et monter leur fournil, ils ont donc opté pour un bâtiment en kit. Dans une recherche d’autonomie énergétique ils ont installé de nombreux panneaux solaires, nécessitant la construction d’un local technique. D’autres bricoles ont vu le jour au fil de leurs besoins tels qu’un décompacteur à laine de bois et la motorisation d’un trieur alvéolaire.

D’autres projets sont également en cours à la ferme de la Reyne et un fournil devrait y voir le jour dans les années à venir.

La ferme de la reine.jpg

CONTEXTE

Nature de l’exploitation et des surfaces :

Rotation foin et céréales avec des variétés anciennes de blé à paille haute, plus adaptées au terroir (peu d’eau).

5 ha foin, 7 ha blé, 4 ha blé tendre, 1,5 ha kamut, 1 ha petit épeautre, 1 ha seigle, 1,4 ha pois chiche, 2,5 à 3 ha de sainfoin + sorgho + 100 ha de forêt

Le sorgho a été introduit dans la rotation comme tentative de lutte par étouffement contre la cuscute. Les résultats ne sont pas très concluants, d’après les observations faites sur le terrain, il semblerait qu’un mélange vesce-avoine soit plus efficace.

Cuscute : plante parasite de prairies, redoutable pour la luzerne, elle se développe rapidement par multiplication végétale et par une production abondante de graines pouvant survivre très longtemps dans le sol. Une fois fixée sur son hôte la cuscute émet un suçoir nourricier et provoque l’étouffement et l’épuisement de la plante parasitée. La lutte contre la cuscute est avant-tout préventive, en évitant l’introduction de graines sur les parcelles par un tri méticuleux des semences utilisées.

Transformation chez un autre paysan-boulanger équipé d’un moulin et d’un fournil : les céréales y sont triés et transformés (100 à 150 kg de farine/semaine), le fournil est loué pour façonner et cuire le pain (trois fournées/semaine soit 150 à 200 kg de pain). L’installation d’un moulin sur la ferme nécessiterait de repenser l’ensemble du système pour avoir une production énergétique adaptée (production actuelle insuffisante). Le fournil est en projet.

La ferme est autonome énergiquement grâce aux panneaux solaires installés sur le bâtiment

Commercialisation :

Vente directe, majoritairement en AMAP, complétée par des magasins de producteurs, épiceries locales, marchés événementiels et vente à des particuliers.

CONSTRUCTION(S)

Bâtiment en kit

Bâtiment_en_kit.jpg

Coût :

50000€ HT pour le bâtiment

10000€ de fondations

20000€ de panneaux solaires

Besoin initial : Besoin d’un bâtiment pour le stockage du grain et pour abriter un fournil.

Conception : Autoconception totale des espaces.

Vincent souligne qu’ils ont eux des difficultés pour calculer la superficie nécessaires pour leur activité. Ils aurait bien aimé avoir un accompagnement pour cette partie.

Projet initial :

Le projet initial prévoyait un bâtiment en forme de L : stockage du grain sur le corps principale et le fournil en retour d’équerre. Un bâtiment avec cette forme aurait induit des coûts plus importants dues aux poutres et aux contreventements d’angle. Pour cette raison ils ont choisi la configuration, beaucoup plus simple, d’un corps principale avec appentis.

Superficie :

environ 500 m² d’emprise au sol

environ 646 m² de surface de toiture, dont 84 m² d’appentis (12x7 m) et 1 m de dépassement de toiture sur les deux cotés.

Choix de conception :

  • Bâtiment en kit (bâtiment Roiné, entreprise basée en Bretagne).
  • Corps principal pour le stockage des grains.
  • Appentis qui sera fermé pour y faire un fournil
  • 12 Panneaux solaires sur l’appentis (orientées sud)
  • Un local technique à proximité des panneaux solaires (façade est) pour les batteries de stockage d’énergie.
  • Forage d’un puit et installation d’une pompe immergée pour l’eau.

Espaces.jpg

Choix constructifs :

  • Soubassement : Semelle filante posée sur du béton de propreté et, pour le reste, terre battue.
  • Structure primaire : portiques en chêne massif (13,5 m) fixés à des plots en béton (environ 45 cm de hauteur). Chaque portique est composé d’une ferme en treillis sur laquelle s’appuie l’appentis.
  • Bardage en pin traité assemblé en bord à bord pour deux façades (sud et nord) et à claire-voie pour les deux autres.
  • Toiture en tôle ondulée.

bâtiment.jpg

Local technique

Besoin initial : Local technique pour abriter les batteries pour le stockage de l’énergie solaire.

Superficie : 6 m² (2x3m) avec environ 70 cm de dépassement de toiture.

Choix constructifs :

  • Soubassement : Dalle en béton (8 cm) coulée sur une base solide composée de grosses pierres en bordure et remplissage avec du ballast (pierres calcaires souvent utilisées pour caler les voies de chemin de fer).
  • Structure primaire : ossature bois massif poteaux poutre.
  • Isolation en laine de bois (pas encore en place).
  • Bardage en OSB.
  • Toiture en tôle ondulée.
  • A l’intérieur 24 batteries montées en parallèle.

Local_technique.jpg

Astuce pour décompacter la laine de bois :

La laine de bois étant difficile à décompacter à la main Eric et Céline ont réfléchi à une astuce pour se faciliter la tâche : un cadre en bois, du grillage à poules, simple et efficace ! Le cadre est placé sur un bidon, la laine est frottée à la main sur le grillage et récupérée dans le bidon.

Décompacteur de laine de bois.jpg

Video

Et une autre bricole pour la route...

Trieur alvéolaire motorisé

Vincent a utilisé un vieux moteur de machine à laver afin d’automatiser son trieur alvéolaire. Le moteur est relié à une roue de vélo par des courroies en tension. Deux écrous ont été soudés sur la roue afin de la fixer au trieur.

Améliorations : La tension des courroies et le poids du moteur ayant tendance à vriller le pas de vis et voiler la roue, un pignon de vélo a été ajouté. Celui-ci permet de diminuer la tension et répartir le poids, ce qui limite les risques de voiler la roue. L’installation d’un dérailleur de vélo permet aussi d’avoir différentes vitesses de rotation.

Trieur alvéolaire motorisé.jpg

POUR ALLER PLUS LOIN

Plus d’infos sur la [url=http://www.osez-agroecologie.org/le-tri-de-la-cuscute ; http://www.yonne.chambagri.fr/uploads/media/CUSCUTE.pdf ]cuscute et les techniques de luttes[/url].

Techniques de construction bois :

lexique de la charpente

les bases des charpentes

Jaques Anglade pour des idées sur les structures en grumes de bois

Sur les céréales et la boulangerie paysanne : http://www.semencespaysannes.org/cereal ... ifs_16.php

D’autres exemples d’autoconstruction faites par des paysans boulangers

Boulanger roue auget autoconstruction

Paysan boulanger ergonomie autoconstruction

Stockage grains meunerie panneaux bois

Statistiques : Posté par Selene AP — 14 Septembre 2017, 13:49 — Réponses 0 — Vus 2