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Bâtis autoconstruits • Autoconstruction d’une ferme en maraîchage/transfo

INTRODUCTION

Bérengère et Sylvain démarrent leur ferme début 2008. Bérengère s’occupe de la production, la transformation et la vente, tandis que Sylvain assure la préparation du sol et d’autres taches selon la nécessité.

Ils ne sont pas issus du monde agricole, mais leur envie de redonner place aux fruits, légumes et plantes dans leur propre quotidien et dans celui des consommateurs a donné vie à ce projet.

Ils travaillent leurs terres avec 2-3 outils, en semant des engrais verts sur les inter-rangs pour choisir les plantes invasives. Dans les serres ils ont opté pour un paillage plastique : le plus facile, efficace et réutilisable.

Leur activité est conduite avec cohérence et avec une grande attention pour l’environnement ; à partir des matériaux et produits pour l’agriculture jusqu’aux énergies renouvelables. Ils récupèrent et utilisent l’eau de pluie pour irriguer les champs, ils ont construit tous leurs bâtiments avec des matériaux locaux et naturels (paille de lavande et pin noir de leur propriété) et ils ont une attention particulière envers les habitants du village en assurant l’accès piéton à leur ferme.

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CONTEXTE

Historique : L’installation de Bérengère a lieu en 2007 sur un terrain nu avec un bâtiment ancien à réhabiliter. En 2009 ils démarrent le chantier pour la construction de leur maison et d’un espace pour l’activité agricole (stockage, atelier de transformation etc.). Le premier chantier se termine en 2014 (6 ans de chantier en intermittence).

En 2015 ils démarrent un chantier pour la construction d’un atelier à côté du labo de transformation, finalement cet appentis (sans cloisons) est devenu un lieu de stockage et séchage des légumes.

Nature de l’exploitation et des surfaces :

7000 m² de culture en maraîchage (3000 m² en plein champ, 4000 m² de serres froides)

1500 m² en plantes aromatiques

95% de la production est transformé (sirop, confi de plantes, condiments, macérats etc.)

Commercialisation : vente directe sur place, dans des magasins de producteurs, des marchés et des foires.

CONSTRUCTIONS

Projet initial : L’idée était d’avoir des lieux de travail et un lieu de vie. Toutes les constructions sont réalisées avec les matériaux trouvés sur place : du pin noir pour la construction bois et de la paille de lavande pour l’isolation.

Conception : Autoconception totale des espaces.

Maison, atelier et appentis séchage

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Superficie : 70 m² pour l’atelier de transfo et la zone de stockage, 30 m² pour l’appentis devant la maison et 60 m² pour l’appentis de stockage/séchage.

Coût : 2000 € de moins dépensés en isolation par rapport à un isolant comme la laine de bois.

30000 € pour l’appentis de stockage/séchage (sans compter la main-d’oeuvre).

Chantier : 6 ans de chantier pour la maison et l’atelier (la dalle pour les appentis compris ). L’appentis de séchage/stockage a été monté en 10 jours.

Choix de conception :

Les nouveaux espaces ont été construit à partir du vieux bâtiment existant.

Toutes les parties s’articulent pour suivre la pente du terrain et offrir des accès différents au bâtiment selon l’usage .

Le premier étage est réservé pour l’habitation.

Au RDC on trouve l’atelier de transformation et un espace de stockage. Ces espaces sont accessibles depuis l’étage par un escalier et par l’extérieur par deux entrées.

Ergonomie :

  • L’appentis sur la façade nord permet de sécher et stocker les légumes à l’abri et en proximité de l’atelier de transformation. Une porte assure l’accès direct à l’espace de travail.
  • La salle de stockage permet un accès direct à l’atelier et au camion qui attend pour une livraison.
  • L’appentis construit devant le bâtiment assure la charge des produits transformés dans le camion sans craindre la météo.

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Choix constructifs :

  • Le bâtiment d’origine en pierre a été réhabilité, notamment la toiture (première action du chantier pour protéger le vieux bâtiment).
  • Soubassement en pierre avec dalle en béton
  • Charpente en bois (pin noir coupé sur place avec une scierie mobile)
  • La toiture est isolée en paille de lavande
  • Les murs sont un mélange de terre-paille, montés sur une ossature bois et soigneusement tassés.
  • Finition en enduit à la chaux intérieur et extérieur.
  • Pour l’atelier de transformation ils ont choisi un carrelage lavable.

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Pépinière

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Superficie : environ 15 m²

Coût global : environ 300 €

200 € pour les planches (le reste du bois viens de la foret)

50 € de quincaillerie

50 € bâche de camion

fenêtres et bâches de serre de récup.

Chantier : 4 jours de chantier

Choix de conception :

  • Lieu de stockage à proximité des champs
  • Possibilité d’ouvrir la façade sud pour aération
  • Moindre coût (bois rond sorti directement de la forêt de la ferme)

Choix constructifs :

  • Soubassement : semelle filante (béton et graviers) et semelle d’assise
  • Charpente en bois rond (assemblage moisé des entraits)
  • Les poteaux sont juste enfoncés dans le terrain
  • Ossature bois pour l’emplacement de la porte, des fenêtres et pour le fixage de la bâche
  • Assemblage des fenêtres de récupération pour la façade Sud
  • Chevrons en planche de bois
  • Isolation de la toiture en paille
  • Bâche de camion et delta pour l’étanchéité de la toiture

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Séchoir

Un séchoir pour les plantes aromatiques produites sur la ferme.

Structure en bois contreplaqué avec 24 tamis de séchage (grilles en métal 3x3mm).

L’hygrométrie est réglée avec un déshumidificateur acheté neuf et placé au centre de la structure.

Un capteur récolte les données en temps réel et permet d’intervenir pour les réglages.

Des rues permettent le déplacement du séchoir.

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Bassin de rétention d’eau

Un bassin de rétention d’eau pour avoir une réserve d’eau l’été.

Superficie : environ 500 m3 (10x20 m et 2,2 m de profondeur max)

Coût global : 15000 € tout compris (location de la pelle, payement du conducteur, plantes, membrane etc.)

Choix constructifs :

  • Tissu de coco pour tenir la terre de talus en créant de la cohésion.
  • Jeux de tissus : textiles et moquettes pour éviter que la membrane s’abime en contacte avec la terre.
  • Membrane caoutchouc (EPDM) pour garantir l’étanchéité (commandé sur mesure)
  • Sur les bords Est et Ouest une partie est réservée aux plantes (profondeur 1 m)
  • Plantes filtrantes choisies par un spécialiste

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Pont suspendu sur la Gervanne

Des câbles , du bois, un filet et voilà un nouveau pont piéton sur la Gervanne pour les habitants du village.

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POUR ALLER PLUS LOIN

site de la ferme

Autoconstruction d’une autre installation maraîchère

exemples d’autres fermes en autoconstruction :

ici , ici et ici

Autres exemples de séchoir à plantes :

Séchoir à plantes

maison paille-chaux et séchoir à plantes

Séchoir à plantes et inertie thermique

Salle pour séchoir à plantes

Ces travaux de recensement bénéficient du soutien financier de l’Europe et du Réseau Rural National , par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l’Atelier Paysan sur “L’innovation par les Usages, un moteur pour l’agroÉcologie et les dynamiques rurales" (2015-2018), dont la FNCUMA, la FADEAR, l’InterAFOCG, AgroParisTech et le CIRAD sont partenaires.

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Statistiques : Posté par Selene AP — 12 Décembre 2017, 09:36 — Réponses 0 — Vus 3