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Autres • Quai de traite mobile et semoir-herse pour prairies

INTRODUCTION

Nichée dans un joli coin de verdure à Revest-des-Brousses (04), la ferme des Grands Valas est un havre de paix où chèvres et fromages sont bercés par la musique à longueur de journée. Jean-Michel et son fils Léo ont tout deux un parcours assez atypique, ayant fait des études artistiques avant de devenir chevriers. Depuis l’installation de Jean-Michel dans les années 70s le troupeau de 30 chèvres n’a pas grandi mais la conduite du système a beaucoup évolué vers un système extensif en non-labour, reconsidérant la terre non plus comme un support inerte mais comme un sol vivant.

A son installation, Jean-Michel est parti de rien et l’autoconstruction s’est imposée à lui comme un moyen économique de faire au plus proche de ses besoins et à sa façon. Il a donc construit l’ensemble de ses bâtiments en réfléchissant à un système ergonomique. C’est ainsi qu’il a conçu sa chèvrerie convertible en salle de traite, par un système de cornadis mobile et de trappes, lui permettant d’avoir toutes ses chèvres sur le quai de traite sans avoir à les faire monter !

Chèvrerie.jpg

CONTEXTE

Historique :

Après des études dans l’enseignement de l’art, Jean-Michel est rapidement venu s’installer à Forcalquier pour y faire de l’agriculture. Il s’essaye à différentes activités et, dans les années 70s, s’associe avec un chevrier. Après quelques années son associé change d’activité, Jean-Michel reprend le troupeau et vient s’installer à Revest-des-Brousses (04). De là tout reste à faire, à commencer par la construction de sa maison et de l’ensemble des bâtiments agricoles. Jean-Marie travaille seul pendant quelques années puis il est rejoint par sa compagne avec qui il travaillera pendant 24 ans. En 2010, c’est leur fils Léo qui la remplace et vient s’installer sur la ferme. Celui-ci a également un parcours atypique, ayant fait un brevet des métiers d’art pour apprendre à fabriquer des guitares. Aujourd’hui Jean-Michel et Léo travaillent à deux et demi avec une employée en phase de devenir leur associée.

Nature de l’exploitation et des surfaces :

  • Troupeau de 30 chèvres alpines écornées
  • 10 ha mécanisables pour le foin + 10 ha de pâturages
  • Pas de label bio mais système en non-labour, semis-direct, achat de grain bio, apport de compost, prairies mixtes légumineuses et graminées
  • Autonomie en foin, achat de grain bio (à un voisin) + minéraux et luzerne déshydratée
  • Production de yaourts et caillés lactiques

Commercialisation : Vente sur les marchés (90%) et un peu dans les restaurants et épiceries locales

Clef de détermination :

  • Pas de volonté de s’agrandir, taille du troupeau stable, suffisant pour travailler à deux
  • Autoconstruction tant que possible : économique et permet de faire ce qu’on veut à sa façon : s’adapter à ses besoins et à sa ferme.
  • Système mis en place à une époque où il n’y avait pas d’aides, pas le même fonctionnement qu’une installation avec beaucoup d’aides et des crédit. Aujourd’hui très peu d’aides mais n’en dépendent pas.

CONSTRUCTION(S)

Chèvrerie convertible en salle de traite et quai de traite mobile

Idée initiale : Les 30 chèvres sont installées au cornadis, chacune a une auge indépendante. Sous les cornadis des trappes couvrent une fausse qui correspond à la zone de traite. L’ensemble auges-cornadis étant fixé sur un rail il est tiré en avant, emmenant avec lui les 30 chèvres qui y sont attachées. Une fois la structure et les chèvres avancées, les trappes peuvent être relevées, donnant accès à la fausse et à l’espace de traite situé sous le niveau du sol. Ainsi les chèvres ne doivent pas monter sur le quai de traite, elles y sont directement, et la traite se fait sous le niveau du sol. L’espace de traite est équipé d’un système classique de tuyaux d’air et bidons.

>>VIDEO<< (Video réalisée par Antonin Dureuil pour le festival les mARTmites)

Conception : bâtiment pensé et construit pour pouvoir mettre en place un système de chèvrerie convertible en salle de traite, système imaginé par Jean-Michel avec un ami ferronnier d’art

Coût : Aucune idée du coût mais pas très chers, utilisation de matériel basique : contreplaqué, poulies, rail, profilés et quincaillerie.

Choix constructifs :

  • Bâtiment en béton cellulaire Siporex à la chaux
  • Structure mobile faite sur mesure mais pas très complexe, pièces standards : rail, fer plat, tube
  • Cornadis classiques
  • Trappes faites avec des volets renforcés par des barres de fer

Ergonomie :

  • Optimisation de l’espace
  • Gain de temps : un peu plus de travail de préparation (ouvrir les volets, amener les bidons) mais dans l’ensemble plus rapide : un quai pour les 30 chèvres, pas de perte de temps à faire monter et descendre les chèvres par petit groupe, tout le monde est là et mange. En moyenne 20 à 30 minutes/traite.
  • Vision d’ensemble sur tout le troupeau, qu’elles soient traites ou non les chèvres sont installées et nourries au cornadis et ont toute la traite pour manger tranquillement ! De les avoir toutes au même endroit permet aussi de surveiller si elles mangent bien.

Particularités : système adapté au lieu et au nombre de chèvres.

Chantier participatif : Aide d’amis pour la soudure, la plomberie, l’électricité et la ferronnerie, le reste autoconstruit.

Chèvrerie modulable et quai de traite mobile.jpg

Distribution.jpg

Semoir-herse

Assemblage d’un griffon et d’un semoir pour passer les deux en un coup, suivi du passage d’un rouleau

Usage : semi-directe des légumineuses pour les prairies, remise en état du sol, conservation et amélioration de la vie du sol.

Semoir-herse.jpg

Et pour la route quelques remorques autoconstruites :

  • remorque faite avec un vieil épandeur : tout enlevé du chassie sur lequel un plancher a été réinstallé. Défaut d’usage : trop petit, pas adapté pour transporter du poids, ne tient pas sans sangles
  • remorque faite avec un chassie d’outil + plancher et roues d’avion

Remorques autoconstruites.jpg

POUR ALLER PLUS LOIN

D’autres exemples d’autoconstruction en élevage :

salle-traite-quai-cornadis-t3376.html

Aménagement d’une bergerie

Triple nourrisseur semi-porté

Et pour la fromagerie :

Matériel fromagerie 1

Matériel fromagerie 2

Autoconstruction d’une fromagerie

Documentation sur les bâtiments d’élevage

D’autres outils autoconstruits pour travailler en non-labour

Ces travaux de recensement bÈnÈficient du soutien financier de líEurope et du RÈseau Rural National , par le biais de la Mobilisation Collective pour le DÈveloppement Rural coordonnÈe par líAtelier Paysan sur "Líinnovation par les Usages, un moteur pour líagroÈcologie et les dynamiques rurales" (2015-2018), dont la FNCUMA, la FADEAR, líInterAFOCG, AgroParisTech et le CIRAD sont partenaires.

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Statistiques : Posté par Selene AP — 18 Septembre 2017, 12:50 — Réponses 0 — Vus 2