Accueil > Aller + loin > Foire Aux Questions

Foire Aux Questions

Voici quelques-uns des questionnements auxquels nous avons à répondre très régulièrement. Nous les avons divisés en deux grandes parties complémentaires.
Toutes ces questions, et donc ces réponses ne vous concerneront pas, certaines vous paraîtront très pointues alors qu’elles sont le quotidien pour d’autres. C’est à l’image de notre structure multiple, décloisonnée, qui fédère en une même aventure des énergies de tous horizons.

La démarche de l’Atelier Paysan, ses activités : quelques questions fréquemment posées

- L’Atelier Paysan est-il un fabricant de machines ?

Non. Nous ne vendons ni ne fabriquons de machines. Les paysans pratiquent l’autoconstruction et l’auto conception accompagnées (ou en autonomie, en fonction de leurs besoins). Par nos travaux, nous réinterrogeons la place de la machine et de l’outil de travail dans le monde paysan. Citons ici un petit témoignage de Matthieu DUNAND, maraîcher en Haute Savoie (GAEC La Pensée Sauvage) : « Au début, ça me paraissait totalement incroyable d’envisager la construction de mes propres outils. Aujourd’hui sur notre ferme, notre regard a changé sur la technique : de travailleur soumis aux machines que propose le marché, nous travaillons aujourd’hui à une amélioration constante de nos conditions de travail vers plus d’ergonomie, une meilleure agronomie, moins de pétrole. On a véritablement débridé les mécanos qui se cachaient en nous »

- Pourquoi une Agriculture Biologique ET Paysanne ?

Parce qu’il nous est difficile d’envisager une Agriculture Biologique qui n’ait pas de sens, et que la Charte de l’Agriculture Paysanne, et les principes qu’elle porte, ne peut pour nous s’envisager autrement qu’en l’absence d’utilisation de tout intrant de synthèse.

- Pourquoi ne déposez-vous pas de brevets ?

La notion de brevet, donc de notre point de vue de confiscation au profit d’individus ou de groupes, est contraire à notre volonté de contribuer à la production et la diffusion de Biens Communs. Nous estimons que la créativité est histoire de cheminements, d’influences, de rencontres, de glanages, bref, par essence d’une richesse collective, humaine, d’un génie créatif que nous avons choisi de ne pas garder pour nous. Toutes nos réalisations sont donc diffusées sous licence libre, pour une libre adaptation, pour que les machines et matériels soient vivants, appropriés et appropriables.
Nous portons l’idée que les choix techniques doivent être faits avec, par et pour les agriculteurs. Nous pensons plus globalement que la Technique est un enjeu collectif et que nous devons la mettre au service de ceux qui l’utilisent.
Nous avons l’ambition de capitaliser et de mutualiser le maximum de savoirs paysans au sein d’une Encyclopédie libre et participative (à l’image d’autres démarches similaires type Wikipédia, ou d’autres mouvements : logiciels libres, design libre, architecture libre…). Ces savoirs collectifs sont des « biens communs » pour l’agriculture biologique, librement diffusables et modifiables. Nous les publions sous licence libre Creative Commons. Au-delà de protéger les outils que nous libérons de toute velléité de confiscation / brevet, cela permet aussi de mettre en mot la réalité de notre travail et de l’innovation par les usages : libre, modifiable, diffusable, appropriable.

L’Atelier Paysan s’appuie sur l’innovation ouverte ou distributive. Cela repose sur l’idée que plus les acteurs s’insèrent dans le processus de création et d’évolution, plus le groupe d’acteurs impliqués en bénéficiera. Notre capacité à produire des « biens communs » au travers d’une plateforme physique et numérique nous rapproche d’initiatives développées par les « cultures urbaines du libre » sous la forme de Fab-Lab et de Hack-Lab. Ces espaces de médiation permettent une réappropriation des savoirs et savoir-faire autour de la conception-fabrication-réparation d’objets du quotidien ou même de s’interroger sur l’architecture libre de bâtiments.
Ces lieux portent à la fois un projet d’éducation populaire et d’incubation d’innovations. L’Atelier Paysan revendique de décliner une version rurale à ces espaces novateurs. Nous avons baptisé ce concept « Farm-Lab ».

- C’est quoi la « traque d’innovation » ?

Nous sommes disponibles pour aller partout en France et réaliser un travail de recensement des innovations paysannes (machines, bâtis, ergonomie…). Cette traque d’innovation fait l’objet de restitutions systématiques sur notre forum, et donne parfois lieu à des travaux beaucoup plus approfondis

- Quels sont les outils concernés ?

Tous les outils adaptés à une Agriculture Biologique et Paysanne, outils attelés (tracteur, chenillard, traction animale, motoculteur…) comme les outils à main, outils ou dispositifs ergonomiques, de séchage, de tri, de conservation, de transformation…toutes filières de production confondues, toutes inventions ou adaptations, petites ou grandes.
Mais également, et depuis peu les bâtiments agricoles [écologiques], petits et grands…

- Comment intégrer la démarche de R&D participative ?

Le plus simplement du monde. Vous contactez l’un de nos techniciens pour vous tenir informé des groupes/dynamiques en cours, et il vous fera part des prochaines échéances/rencontres, tout en vous faisant le résumé des premiers épisodes.

- Un groupe, c’est à partir de combien ? C’est local, national ?

En gros, pour nous, un groupe c’est plusieurs. Et plusieurs, ça peut commencer à 4 ou 5. L’idée des groupes réunis autour d’une machine, d’un usage, d’un besoin, c’est plus celle de la cohérence géographique si possible que celle d’une communauté large à chaque fois. Le groupe doit pouvoir échanger souvent, ce qui marche toujours mieux localement ; en plus, les prototypages réunissent tout le monde sur une semaine, c’est mieux si c’est proche. Et comme les prototypes issus de ces travaux doivent tourner sur les fermes, c’est plus envisageable si tout le monde est regroupé.
Mais ça peut marcher si le groupe est dispersé ! L’énergie et la disponibilité des membres doit par contre être au diapason.

- J’ai besoin d’une machine sur ma ferme, vous pouvez m’aider ?

Nous ne sommes pas un bureau d’études. Nous ne travaillons pas en appui individuel à la conception d’une machine ou d’un bâtiment. C’est l’un des grands principes de notre coopérative. C’est la garantie que le dispositif développé ait du sens, qu’il relève d’une technologie appropriée, puisque de conception collective. Parce qu’à plus, on va plus loin. Alors si vous rêvez d’une machine, d’un équipement depuis longtemps, et que vous souhaitez mettre ce rêve en application : formez un groupe, contactez-nous, postez un message sur le forum pour chercher du renfort de collègues !
Cependant, à chaque règle son exception. Nous accompagnons les stations/démarches expérimentales à but non lucratif dans la mise au point de machines pour des itinéraires techniques innovants. Ces itinéraires techniques doivent évidemment respecter d’une part les principes de l’Agriculture Biologique d’une part, et les membres de la station expérimentale doivent mobiliser leurs producteurs référents dans la démarche, et s’impliquer obligatoirement dans la réalisation des prototypes afin d’être en mesure de les faire évoluer de manière autonome.

- Puis-je fabriquer librement les machines qui sont en plans ?

Tout à fait. Vous êtes libre d’utiliser les plans que nous diffusons, vous fournir de votre côté en profilés, accessoires agricoles et réaliser l’outil comme un(e) grand(e) chez vous, en toute autonomie, en rajoutant votre touche personnelle.
Mais c’est encore plus sympa quand il y a un petit coucou, et un témoignage, même rapide, de cette aventure individuelle quand même ! Plus il y a de retours, plus nos cheminements s’enrichissent.
Et l’aboutissement de la démarche, là où la libération des outils prend tout son sens, c’est ça : un outil libéré adapté, différent de sa version de base, et dont la communauté peut profiter comme enrichissement commun.

- J’ai inventé une machine, et je souhaite la diffuser avec votre aide, comment ça marche ?

Contactez-nous, c’est la première chose à faire. Que nous commencions à discuter de cette conception, que nous convenions de venir vous rencontrer et découvrir votre création. Ensuite tout dépend de la nature de la réalisation. A minima, nous en faisons un « reportage », une restitution sur notre forum, en textes, photos, vidéos, liens vers des fiches techniques. Parfois, nous allons même plus loin, et nous redessinons votre machine pour qu’elle soit appropriable très largement.
Dans ce cas, s’engage une étroite collaboration avec vous, pour que la version 2.0 soit au moins aussi efficace que la première. Cela donne souvent lieu à des améliorations, parfois significatives. Un prototype de validation est ensuite construit avec vous, et testé par vous pour validation, avant diffusion d’un tutoriel en open source. Première étape vers l’appropriation par d’autres, et la naissance d’outils-frères, cousins…

- Ma machine peut-elle devenir un support de formation aux techniques et à la démarche d’autoconstruction ?

Tout à fait : si elle a du sens agronomiquement, et en matière de savoir-faire d’autoconstruction qu’elle permettra d’enseigner, elle peut tout à fait devenir un sujet de formation, à laquelle vous serez fortement associé(e)…

- J’ai une idée d’une machine qui n’existe pas, comment vous pouvez m’aider ?

Si vous êtes tout seul, et si votre projet ne peut se rattacher à aucune perspective collective déjà en cours, on ne pourra rien pour vous. En revanche, si vous réunissez un groupe, idéalement animé par votre groupement local, alors nous entrons dans la démarche suivante : nous vérifions tout d’abord que nous sommes bien sur la même longueur d’onde (machine libre, pour l’Agriculture Biologique, démarche collective, implication permanente). Puis nous animons un processus de définition d’un cahier des charges / réalisation d’avant projets/ mise en plans / encadrement d’un chantier collectif de prototypage / mise en route du test au champ du ou des prototype(s)/ accompagnement aux modifications / réalisation d’un tutoriel/ mise au point optionnelle d’un support de formation.

- Je suis un agriculteur conventionnel, puis-je participer à vos travaux ?

Nous vous y encourageons même ! Nous savons que les dynamiques collectives singulières que nous accompagnons sont sources de questionnements individuels. Vous pourrez vous appuyer sur le collectif y compris dans le cadre de vos réflexions sur une éventuelle conversion à l’Agriculture Biologique.

- Si des paysans prennent l’initiative de reproduire une activité similaire à la vôtre en local, serez-vous prêts à collaborer avec eux ?

Nous disons même bienvenue ! Et si vous en connaissez, conduisez-les à nous !
Nous ne souhaitons à aucune structure de refaire les chemins que nous avons explorés jusque-là pour construire la plateforme-outil collectif L’Atelier Paysan. Donc autant qu’ils intègrent directement la structure existante. Plus que collaborer, nous encourageons les paysans réunis en collectifs à innover par eux-mêmes, dans des démarches d’innovation ouverte. Et nous leur apportons les moyens humains et logistiques pour aller plus loin.
Nous nous définissons comme un outil par et pour les paysans. Donc quand il n’y aura plus d’initiatives locales, nous ne pourrons que faire le constat qu’il nous faudra arrêter.
Nous avons créé un poste d’animateur national, pour faire cela : accompagner/encourager la naissance des initiatives paysannes locales. Plus il y aura d’initiatives locales, plus il y a aura d’épaules pour porter l’aventure. à mettre en lien aussi avec la stratégie qui est la nôtre de mobiliser des groupes d’épargnants solidaires locaux qui pourront eux aussi être acteurs, à leur manière, de la sensibilisation locale.

- Existe-t-il d’autres démarches similaires en France ? À l’étranger ?

Il existe bien évidemment tout un tas d’initiatives locales, thématiques, individuelles ou collectives en zone Francophone, comme partout ailleurs sur la planète, et avec lesquelles nous sommes en contact étroit. Cette question des biens communs, du faire-ensemble, de la réappropriation des savoirs, est abordée par beaucoup de monde. Allez faire un tour sur notre page Aller plus loin, rubrique liens !

La coopérative, le modèle économique, être sociétaire, s’impliquer : quelques questions fréquemment posées

- Pourquoi une SCIC ?

Car nous estimions que le modèle économique et juridique de la traditionnelle association de loi 1901 n’était pas adapté à nos besoins, en termes de gouvernance, de perspectives de développement, donc de moyens mobilisables (notamment financement de notre Besoin en Fonds de Roulement). Mais également parce qu’il nous était important de reconnaître fortement l’implication au quotidien des salariés d’une part, et d’autre part d’impliquer plus en avant nos partenaires puisqu’ils peuvent devenir co-détenteurs de la démarche (sociétaires).

- Peut-on s’impliquer sans être Sociétaire ?

Absolument. Être sociétaire n’est qu’une des nombreuses formes d’implication dans notre aventure. Et commencer par être usager, silencieux ou bavard, de ce qu’apporte actuellement le collectif (forum, outils, formations,…) est un bon moyen de commencer. A chacun de trouver sa porte d’entrée !

- Comment s’impliquer ?

Vous voulez une liste ? Et bien voici :
Relayer la démarche, monter un groupe de conception participative, tenir des salons, faire une formation, témoigner de sa réalisation, même la plus petite, dénoncer son voisin/copain génial inventeur de machine, monter une CIGALES, sensibiliser son paysan du marché, sensibiliser ses amis, son groupement de producteurs, donner par l’intermédiaire de Citoyens Solidaires, traduire nos articles et autres tutoriels en Anglais/Allemand/Italien/Espagnol/Portugais…, mobiliser son groupement de producteurs du coin pour qu’il devienne sociétaire de l’Atelier Paysan, venir débattre en AG, participer à des chantiers participatifs : prototypages, chantiers triangle/bâtiment…devenir sociétaire.
A vous de jouer !

- Qui peut être sociétaire ?

Sur le papier, beaucoup de monde (salariés, partenaires techniques, partenaires institutionnels, collectivités publiques, usagers, soutiens solidaires, association de producteurs locales)…. Qui adhèrent, partagent évidemment le projet politique de la structure ! A l’usage, notre volonté est de favoriser la prise de part de structures collectives (personnalités morales), et donc de limiter les prises de part individuelles. Notre SCIC Sarl ne compte que 99 places de sociétaires maximum (nous sommes 50 depuis le 23/09/2015).

- Qui décide de l’entrée ou non de nouveaux sociétaires ?

C’est l’Assemblée Générale, qui au final, décide ou non d’accepter l’arrivée de nouveaux sociétaires, sur proposition des gérants. Cette décision se fait sur la base l’adéquation du ou de la sociétaire potentielle avec le projet collectif de la structure, et la réalité supposée de la richesse supplémentaire apportée. Il est donc vivement conseillé de prendre contact avec les gérants en amont de l’envoi de sa candidature au sociétariat.

- Peut-il y avoir plusieurs sociétaires d’une même région, voire d’un même département ?

Il n’y a absolument aucune contre-indication à ce sujet. Il peut très bien y avoir plusieurs associations de soutien, aux activités ou périmètres géographiques complémentaires, sur une même région ou sur un même département.

- Les parts sociales sont-elles rémunérées ?

Absolument pas. La prise de parts, sous réserve d’une durée minimale de 5 ans, ouvre cependant droit, à ce jour, à une déduction fiscale de 18 % du total des parts investies (soient pour 1000 € investis, une déduction d‘impôts de 180 € au total).

- Comment se passerait la sortie pour nous /sociétaire ayant investi ?

Seront-nous remboursées de notre investissement initial à l’identique, ou bien le capital investi sera-t-il revalorisé en fonction de la situation de la coopérative ?
Vous serez remboursés à la valeur nominale des parts, éventuellement diminuées des pertes réparties sur tous les sociétaires. C’est le risque que nous prenons tous, individuellement pour les personnes physiques, ou collectivement pour les personnes morales. Les parts sociales ne sont pas rémunérées par disposition statutaire. Les comptes courants d’associés non plus à ce jour (c’est possible, mais uniquement sur décision d’AG, mais cette perspective n’est pas d’actualité).
La sortie peut se faire à partir de la sixième année, dans des termes à définir. Vous pouvez également rester 25 ans à notre capital. Notre ingénierie financière est construite pour faire en sorte d’être en capacité de rembourser les parts sociales au besoin, dès les 5 ans révolus. A la base : l’apport immédiat des CIGALES, et plus largement de tout sociétaire, anticipe le renforcement de nos fonds propres qui permettront dans quelques années ces remboursements. Ces parts sociales à moyen/long terme répondent à notre besoin immédiat en fonds de roulement compte tenu de nos dynamiques.
Donc ce sera la seule niche fiscale (les 18% de déduction fiscales pour les prises de parts de 5 ans minimum) qui permettront de valoriser (symboliquement) ces mises à disposition de sommes.

- Y-a-t-il une limite au nombre de parts par personne ou par personne morale ?

Non aucune limite n’est fixée en nombre de parts sociales par associé(e)s, comme en nombre de parts sociales totales (notre capital est variable).

- Est-il possible d’augmenter le nombre de ses parts sociales en cours de route ?

Oui, c’est tout à fait possible, à tout moment pour chacun(e) des sociétaires. Notre structure est à capital variable. Nous tenons à votre disposition les documents à remplir et nous renvoyer pour une augmentation de capital à tout moment. N’hésitez pas !

- Les comptes courants d’associés peuvent-ils être rémunérés ?

Sur le papier oui, uniquement sur décision en assemblée générale. A l’usage, les comptes courants d’associés ne sont actuellement et symboliquement pas rémunérés.

- Je vais avoir pas mal de sous disponibles pendant quelques mois, je peux vous les prêter ?

Oui sous forme de compte courant d’associé si vous êtes sociétaire. Sinon, non. Malheureusement.

- Je peux vous faire un don ?

Oui, vous pouvez directement nous faire un donc en nous envoyant un chèque ou en nous demandant notre RIB. Ce don ira au financement global de notre aventure en fonction de nos besoins : investissements ou R&D (donc nouvelles machines libérées). Votre don direct ne peut pas être défiscalisé. En revanche, si vous souhaitez une défiscalisation, vous pouvez passer par notre partenaire Citoyens Solidaire.

- Pratiquez-vous une marge sur le service d’approvisionnement ?

Tout à fait. Nous sommes très transparents sur cette activité d’achat-revente groupé, qui nous permet de sélectionner les matériaux et approvisionnements les plus adaptés à la démarche d’autoconstruction, de s’appuyer sur les volumes pour proposer de tarifs rendant la démarche encore plus accessible pour chacun(e). C’est gagnant-gagnant, faites vos calculs. L’intégralité des bénéfices participe au financement de notre effort de Recherche&Développement. Un peu comme les brioches que l’on revend à la sortie des classes pour financer le voyage scolaire des enfants…
Autrement dit : les commandes groupées pour l’auto-construction des outils libres d’aujourd’hui financent les outils libérés de demain. En gros, la marge réalisée sur le service d’approvisionnement représente à la fois le financement de cette partie de notre activité et la contribution participative de nos usagers à l’effort collectif de production de Biens Communs.

- Comment est financé l’Atelier Paysan ?

Vous trouverez à la rubrique modèle économique beaucoup plus de détails. Très grossièrement, nous sommes actuellement sur un modèle économique dont les ressources sont composées de 60 % d’autofinancement et 40 % de financement public.

- La SCIC L’Atelier Paysan touche-t-elle des subventions ?

Oui. Nous estimons que nous participons au recensement, à la production, et à la diffusion de Biens Communs, qui participent à la possibilité du renouvellement d’un modèle agricole et donc forcément alimentaire à bout de souffle humain, économique et surtout écologique (impacts sur les écosystèmes, et sur la santé publique). Qui dit Biens Communs dit un bénéfice pour tous, et l’exigence d’une participation significative des collectivités publiques au financement de nos activités.

- La SCIC L’Atelier Paysan fait-elle des profits ?

Mettons immédiatement de côté le terme même de profit, qui fait appel à tout un tas d’interprétations contradictoires que nous ne développerons pas ici.
Précisons également que notre structure est à but non lucratif, au même titre que toute association de loi 1901.
Cependant, nous avons non seulement la volonté, mais également la nécessité de réaliser chaque année des résultats positifs, c’est-à-dire des produits qui soient supérieurs aux charges, et qui sont intégralement versés en fin d’exercice aux réserves impartageables de la coopérative.

- Une SCIC non lucrative ?

La non-lucrativité s’entend au sens où il n’y a pas d’enrichissement des parties prenantes, donc pas de rente. Pour explorer cette question de manière très superficielle : voir ici, ou là, ou là.
Dans notre cas, comme dans le cas de toute structure non lucrative, nos résultats (positif ou négatifs d’ailleurs) sont affectés aux réserves impartageables. Les parts sociales ne sont pas rémunérées (rente chaque année) ni revalorisées (augmentation du montant de la part sociale). Au mieux, on récupère la valeur nominale de sa part quand on sort, au pire on récupère sa part moins les pertes partagées.

- Mais alors qu’est-ce que j’y gagne à devenir sociétaire ?

Pas d’argent. Mais tout le reste : l’humain, des paysans bio autonomes, une autre alimentation disponible, une aventure collective, une expérimentation sociale, …

- De quoi se composent vos fonds propres ?

Nos fonds propres sont constitués de : nos parts sociales + réserves légales (abondées chaque année par 15 % du résultat) + réserves impartageables (ou encore appelées statutaires, abondées chaque année par 85 % du résultat).
Viennent s’ajouter :

  • les comptes courant d’associés qui sont considérés comme quasi fonds propres ;
  • les titres participatifs lorsqu’il y a eu émission de titres (ce qui n’est pas le cas pour le moment), également assimilables à des quasi fonds propres ;
  • les prêts de trésorerie à moyen terme.
    Le tout, pour faire très très schématique (donc imprécis), finance notre trésorerie (ou notre BFR).

- Les subventions représentent une part importante de vos recettes. Est-il assuré qu’elles vous seront versées dans les années à venir ? Que se passerait-il si elles venaient à tarir ?

Non, les subventions ne représentent pas une part importante de nos recettes dans notre secteur d’activités, c’est à dire pour un organisme de développement agricole à but non lucratif.
Elles représentent même une part faible au regard des modèles économiques fréquemment rencontrés dans le domaine du développement agricole. La structuration de notre modèle économique est donc elle aussi inédite : 60 % d’autofinancement, 40 % de financement.
Nous souhaitons à terme ne pas dépasser 40 % de financement public.
Nous ne souhaitons pas aller au-dessus de 40 % de financement public pour ménager les conditions de notre résilience. Nous ne souhaitons pas non plus que les collectivités publiques participent à moins de 40 % du financement des biens communs qui nous livrons à tous.
S’il y avait des tarissements, ce faible niveau, et notre modèle économique source de réactivité, nous permettrait de nous adapter. Par ailleurs, nous développons le financement participatif de nos travaux de R&D (budget de fonctionnement, évidemment différent des apports en capital des CIGALES), de la part des usagers, comme avec d’autres initiatives partenariales comme celui avec le fonds de dotation citoyens solidaires.

- Et les retours sur investissement alors ?

La niche fiscale, symbolique de notre point de vue.
Participer à cette dynamique : faire, innover ensemble... (nous sommes bien incapables de fixer une valeur monétaire à cela). Et surtout faire en sorte que vous ayez plus, et plus longtemps des produits paysans bio, à côté de chez vous, accessibles dans votre assiette. Bref, participer au renouvellement d’un modèle agricole dans l’impasse, et plus largement à une redéfinition de notre modèle alimentaire. Il nous semble que c’est surtout ce bénéfice-là qui sera le plus élevé, et le plus durable.

- Quelles sont vos perspectives de croissance ?

Si c’est en termes d’emplois, d’investissements : sincèrement inconnus à ce jour. Il n’y a aucun plan sur la comète si ce n’est s’accorder tout moyen supplémentaire que l’on jugera indispensable de mettre, raisonnablement, en face de nos besoins et de notre aventure et philosophie collective.

- Croissance, marché, concurrence, rentabilité ?

Plus globalement, nous avons toujours beaucoup de mal à répondre à ces questions posées avec les mots : marché, croissance, concurrence, qui n’ont pas trop à voir avec ce que nous sommes. Nous sommes un collectif qui s’élargit, s’enrichit, porteur d’un projet politique sur un pan particulier : la question des machines et bâtiments agricoles appropriés et open source, pour l’agriculture Biologique. Nous réinterrogeons la place de la machine vis à vis du paysan, travaillons sur la question de l’autonomie. Nous sommes une structure qui s’auto-définit comme un outil supplémentaire au service du développement d’une agriculture biologique et paysanne.

- Pourquoi les CIGALES en soutien des dynamiques portées par L’Atelier Paysan et ses partenaires ?

Si nous mettons autant d’énergie auprès des CIGALES, c’est à la fois pour mobiliser cette précieuse épargne citoyenne, mais c’est aussi et surtout pour augmenter le nombre d’épaules pour nous aider à porter cette aventure. Autrement dit, nous attendons des CIGALES que ce ne soit pas juste un chèque, mais bien une énergie, un relais, différent, complémentaire, dans la communication, la mobilisation des réseaux, des compétences.
C’est donc un double engagement : immobiliser votre épargne, mais également un engagement humain indispensable, en soutien local à nos activités pour : sensibiliser les paysans sur votre marché, dans votre AMAP, mais aussi vos amis journalistes, législateurs, financeurs, chez vous comme ailleurs....
Partant du principe que derrière chaque CIGALIER se cache un consommateur de produits bios et locaux, et que l’alimentation est l’affaire de tous, y compris de celles et ceux qui tiennent la fourchette et le verre pour trinquer à une autre alimentation et une autre agriculture.

Citons ici le témoignage de Thierry Schoebel, représentant la CIGALES Triv’ES, à une représentante de CIGALES en Île de France qui demandait des précisions sur le lien CIGALES-L’Atelier Paysan :
"...Nous avons rapidement compris l’originalité de la démarche qui pouvait être difficilement évaluée selon les critères d’analyse financière classique que nous essayons d’appliquer aux projets que nous étudions. L’Atelier Paysan est tellement innovant sur son terrain, qu’il crée son marché en même temps qu’il se développe. […] Nous appartenons à un territoire très rural, le Trièves 35 kms au sud de Grenoble, qui a une forte orientation Paysanne et bio, que nous souhaitons soutenir. Une agricultrice "paysanne bio" est membre de notre club et nous avons tous, dans nos relations, des "paysans bio" qui ont besoin des prestations de l’Atelier Paysan. […] Nous avons tout de suite adhéré au projet et rapidement décidé de souscrire. La prise de risque de ce type d’investissement est à notre avis le rôle d’une CIGALES. Il n’est pas impossible que nous augmentions notre participation. Nous ne prévoyons pas d’en sortir avant que l’Atelier Paysan ait pu constituer suffisamment de réserves pour ne plus avoir besoin de notre apport, ou qu’il ait d’autres souscripteurs pour nous remplacer, nous le ferons alors en concertation. Une issue défavorable serait beaucoup plus néfaste pour les paysans et les salariés que pour nous.

Nous ne pensons pas que notre rôle soit uniquement d’apporter du capital, mais aussi de contribuer à son développement, en encourageant d’autres CIGALES à le faire, en facilitant l’accès aux prestations de l’AP pour les paysans du Trièves, et toute forme d’action qui puisse leur être utile. Si nous avons créé notre CIGALES, c’est pour accompagner les porteurs de projets au-delà de l’apport financier..."