Accueil > Index de trouvailles paysannes > Bâtis autoconstruits • Habiter sous une serre horticole

Bâtis autoconstruits • Habiter sous une serre horticole

Sur le ferme de Laurent

Sur cette exploitation se trouve une des innombrables petites « mines d’or » des autoconstructeurs / bricoleurs, à savoir un habitat sous serres horticoles. A force de débrouille et de récup’, Laurent a glissé son petit abri sous les pans vitrés des serres existantes, il a fait son petit paradis au milieu des planches maraîchères bio qu’il cultive, et d’année en année il s’y plaît plus que toujours...

En 2001, Laurent s’installe en maraîchage bio avec son associé qui s’occupe d’une production céréalière. Ils s’installent tous les deux en partageant une terre sur laquelle était implantée une immense exploitation horticole incluant de grandes surfaces sous serres en structure métallique. Cette grande surface de serre a été coupée en deux suite à la vente partielle du foncier : une partie est restée à l’exploitation, l’autre a été vendue pour faire les jardins partagés des logements avoisinants. La partie exploitation a conservé les serres tandis qu’elles ont été détruites sur les jardins partagés. Cet instant fût décisif dans la construction de l’habitation de Laurent. Avant la destruction des serres, Laurent a construit un mur de séparation entre la serre qu’il comptait habiter et celle qui allaient être détruites. Ce mur est apparu comme s’il avait toujours exister : ce fût le premier mur de sa maison.

Par la suite, Laurent a entrepris de construire le reste avec un budget dérisoire. Matériaux de récup’, mur en paille enduit chaux / sable, bâche de serre tunnel comme pare-pluie, récup’ de brique réfractaire, installation d’un filtre charbon pour l’eau potable issue du forage... l’inventivité n’a pas fait défaut à l’entreprise !

photo du premier mur.jpg

•Historique :

oContexte : Le foncier de cette partie de la France étant extrêmement cher, les communes n’aidant pas vraiment les agriculteurs à s’installer, Laurent a décidé de construire sa maison sous une serre, et ceci incognito !

oNature de l’exploitation : l’exploitation est constituée de deux associés, Laurent sur une partie maraîchage bio (2,5 ha) et légume et plein champs (2ha) et son associé exploite 140 ha pour une production de céréales non certifiées. L’exploitation a deux salariés. La partie légume est commercialisée 100% en AMAP.

oBesoin initial : installation sur la ferme : besoin d’une habitation

oClef de détermination : peu d’investissement financier, pas de déclaration de chantier, construction évolutive.

oBâtiments existants : quatre grandes serres horticoles : trois sont accolées et placées perpendiculairement à la dernière. Sous les serres, une dalle béton était déjà existante.

oConception : Laurent s’est entouré d’ami (notamment dans le bâtiment) pour réfléchir avec lui

−Clef de détermination : mur en paille porteuse posé sur des sous-bassement en moellon, réutilisation de la structure métallique de la serre.

−Autre référence : cf l’habitat camouflé de Freddy

oParcours réglementaire : aucun ... sauf pour

−Ligne téléphone : pour faire venir les câbles, le téléphone a été déclaré pour l’exploitation. En tant qu’entreprise, France Télécom a pris en charge toute l’installation (poteaux notamment).

−Electricité : l’électricité a été déclarée en tant que particulier.

•Construction : réhabilitation

oCoût global (estimation) : 10 000€ (les lots les plus onéreux étant la plomberie et l’électricité)

oSuperficie totale : 120 m²

oChoix constructifs :

−Structure : structure métallique de la serre horticole existante, mur paille (locale) porteuse

−solivage du plafond : repose les murs de paille et est suspendu à l’aide des entraits métalliques de la structure existante

−Soubassement : moellon de récup’

−Sol : dalle existante

−Isolation : paille (murs) et laine de roche au plafond

−Enduit : chaux sable projeté sur un grillage à poule fixé sur les bottes

−Toiture : constituée par le deux pans de la serre horticole existante

−Chauffage : poêle turbot collé à un mur en brique réfractaire

oParticularités :

−Choix énergétique : les combles font une partie tampon thermique : en été les vitres sont abondamment badigeonnées à la chaux et les vitre restent ouvertes pour faire circuler l’aire, l’hiver le badigeon s’est estompé, les vitres restent closes et l’effet de serre garantit une accumulation de chaleur.

−Réemploi & récupération : parpaing, sable, évier et SDB, briques réfractaires...

−Eau & assainissement : l’eau est issue du forage de l’exploitation. Un filtre à charbon assure l’eau potable. L’évacuation se fait dans le jardin.

oDéfauts constructifs :

−Assainissement pas très éco-conforme

−Les vitres de la serre horticole cassent de temps à autre lors des tempêtes, ce qui augure de belles infiltrations d’eau en toiture.

−A terme, le tassement des bottes de paille pourront générer des problèmes

axonométrie copie.jpg

•Autoconstruction : totale

oAccompagnement : des amis (peintre et plâtrier) sont venus aider et enseigner des techniques

oChantier par étape : 1 le mur façade, 2 les autres murs, 4 enduit chaux sable, 5 solivage pour le plafond, 6 isolation plafond, 7 cloisonnement, 8 première extension : la chambre, 9 deuxième extension : le garage en siporex

coupe schématique.jpg

•Difficultés rencontrées :

oConception et cumule du travail dans les champs avec la construction

photos d’époque 1.jpgphotos d’époque 2.jpgphotos d’époque 3.jpg

•Si c’était à refaire !

o« Pourquoi pas ? »

ALLER PLUS LOIN...

Habiter sous une serre tunnel : une autre initiative de l’habitat spontané.

Archi Libre : c’est un site internet qui recense énormément de projets alternatifs autour de l’habitat principalement.

Article paru dans a maison écologique sur la construction en paille porteuse

Statistiques : Posté par jonas — 01 Octobre 2015, 08:09 — Réponses 0 — Vus 173