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Bâtis autoconstruits • Cabane à cochons mobile et rotation des cultures

Sur la ferme de Biodélices :

Depuis leur reprise de cette ancienne ferme laitière en 2013, Robin et Anne-Sophie réalisent petit à petit leur projet de ferme diversifiée, avec l’ambition fonctionner au maximum en autonomie, en proposant essentiellement des produits faits sur place, en vente directe. En réinvestissant tous les bâtiments existants (stabulations et hangars), ils réalisent étape par étapes de nombreux petits aménagements complémentaires, au service de leur activité de polyculture-élevage.

Le projet se réalise très vite, de par la vente directe très peu présente dans la région et l’opération « de ferme en ferme », et les différents ateliers se mettent en place dès la deuxième année.

Qu’il s’agisse d’adaptation d’outils ou de construction de bâtiments, Robin a travaillé à de nombreuses réalisations ingénieuses et ergonomiques : elles permettent de gagner un temps précieux pour assumer les différentes activités de la ferme. Des cochons élevés en plein air et intégrés à la rotation des cultures via des cabanes mobiles, en passant par un poulailler en blocs de chanvre, un enrouleur à paillage plastique ou un magasin de vente directe, cette multitude de travaux offre un exemple concret de la manière dont on peut profiter de la complémentarité des activités en polyculture-élevage.

Historique

Nature de l’exploitation et surfaces :

Ferme diversifiée, polyculture élevage et un peu de maraîchage :

  • reprise des 70ha de la ferme laitière existante : 50ha en céréales (variétés de blé anciennes), 20ha herbes/pâture (moulin en projet)
  • Bovins : 25 vaches, de race Villarde (bœuf, veau de lait, vache de réforme…), objectif de passer à 30
  • Porcs en plein aire (porcs charcutiers) : 60 par an environ (mais toujours en augmentation)
  • 2 truies pour les porcelets
  • 250 poules (poulets et poussins)
  • Maraîchage : 1ha + 1500 m² sous serres
  • 20 ruches
  • Plus production d’un peu de jus de pomme, transfo légumes. Achat-revente de fromage, pâtes, vins...

Commercialisation :

Principalement en vente directe (moyenne de 30 paniers par semaine) + 5 magasins (pas de marchés)

Cabanes à cochons, déplaçables au tracteur : construction neuve

vue générale.JPG

Clef de détermination :

Intégrer l’élevage de cochons en plein air dans la rotation des cultures (valorisation de la fumure, retournement de la terre…), en les déplaçant facilement d’une parcelle à l’autre.

Cabane déplaçable au tracteur, avec les cochons dedans : afin de les attraper sans avoir à le faire en plein champ et de les déplacer sans les stresser. Créer un lieu confortable, sec, abrité du vent, qui attire les cochons, pour les surprendre au matin lorsqu’ils sont calmes et encore dedans.

Coût global :

600 à 700 € / cabane

Dont : 300 € de ferraille (sans quincaillerie, charnières…), 150 € de bois (planches)

Tous les matériaux sont achetés neufs, sauf la tôle de toit (récup’)

Croquis avant.jpg

Superficie : 6,50m² soit 3,1x2,1m (1,7m de hauteur)

Poids : environ 300kg pour la cabane à vide / 1,5 tonne une fois chargée au maximum

Choix de conception :

Triangle d’attelage à l’arrière pour déplacement, soudé à la structure (avec renforts).

Portes avant : rampes d’accès des cochons, sur la parcelle.

Portes arrière : pour laisser un accès extérieur côté tracteur, ou faire sortir les cochons dans un camion sans avoir à déplacer la cabane.

Surélévation à 22 cm du sol + environ 10cm de paillage à l’intérieur

Pente du toit : un seul pan, pente vers la façade arrière, pour éviter les flaques de boue côté rampes à cochons.

Cloison amovible à l’intérieur, pour gérer 2 lots différents si besoin.

Hauteur minimale de 1m à l’intérieur.

Ventilation quand la cabane est fermée : ouvertures de 10cm entre la porte avant et le toit (+ jours entre les planches de bardage).

Croquis arrière.jpg

Choix constructifs :

Structure : profils aciers soudés (tubes 50x50mm, épaisseur 3mm)

Plancher : planches de bois posées sur la structure)

Couverture : tôle de bardage acier, reste du bardage en façade des hangars. Pas d’isolation.

Façades : planches de bois logées dans un cadre composé de profils en « U » soudés, aucune vis.

Contreventement : tirants en fers-à-béton sur les façades latérales, soudés au cadre

Rampes d’accès : Cadres acier avec profils en « u » soudés + 2 planches glissées dans le cadre avant sa fermeture + charnières pour fixations à la structure et ouverture. Des tasseaux arrondis et simplement vissés dans les planches font office de marches.

Surélévation par rapport au sol : prolongement des 6 montants principaux de 20cm + platines pour éviter l’enfoncement dans la boue. La cabane peut aussi reposer sur des lisses en bois si le terrain est trop meuble.

Défauts constructifs :

Les cadres des façades avec les profils en « U » ne permettent pas d’enlever les planches de bardage : difficile de les changer sans découper le cadre.

vues hors-sol.jpg

Usage :

Ergonomie :

La cabane se déplace très bien une fois chargée au maximum (environ 1,5 tonne, soit 8 cochons adultes), et les cochons sont très calmes à l’intérieur (pas d’espace vide, donc bien serrés entre eux).

Le positionnement des portes sur les côtés présente deux intérêts : dans le cas où on a un seul lot de cochons à l’intérieur, on peut fermer une des deux portes et créer un coin plus confortable au fond (sans circulation, où les cochons pourront se « ranger » plus facilement et rester au calme, même pendant le transport). Si l’on souhaite fonctionner avec 2 lots différents, chacun aura ses portes une fois la cloison rabattue.

L’ajout des 2 petites portes à l’arrière permet aussi de placer la cabane au bord de la parcelle, au niveau de la clôture. Ceci permet d’accéder à l’intérieur sans rentrer dans la parcelle (pour changer le paillage par exemple), ou d’y accoler un camion pour y charger directement les cochons sans les faire ressortir. La cabane peut aussi se placer plus simplement dans la parcelle, ou adossée à une de ses bordures.

positions sur parcelle.jpg

Défauts d’usage majeurs :

La position des charnières des rampes (à l’extérieur, pour que la porte ne soit pas en saillie sur la façade) crée une zone d’accumulation de boue et de terre qui gêne la fermeture de la porte. Difficile donc de surprendre les cochons au matin, quand ils sont encore assoupis dans la cabane, pour refermer la porte rapidement et les déplacer tranquillement. Placer les charnières à l’intérieur éviterait donc de perdre du temps à nettoyer la boue accumulée.

L’accumulation de terre sur les rampes les rend glissantes (à cause des planches).

Détails rampe.jpg

Si c’était à refaire :

A la place des planches, faire les rampes d’accès avec une grille, pour que les cochons se décrottent les pieds. Reste à trouver une grille assez serrée pour éviter qu’ils ne se blessent, ou que les porcelets ne se prennent les pattes dedans.

Mettre en place des pieds ajustables, pour s’adapter plus facilement au terrain.

Une évolution possible : transformer la cabane en maternité ! Pour cela, il suffirait de rajouter un système de garde-corps sur le long des murs intérieurs, qui offriront aux porcelets un échappatoire, au cas-où ils se retrouvent coincés sous leur mère.

triangle et platine pied.jpg

Et pour la suite :

Cette cabane sert actuellement de modèle à Robin pour mettre en place un système plus grand, sur 2 niveaux (avec rampe dépliable pour l’accès à l’étage), avec récupération d’eau de pluie et réfectoires mobiles à atteler derrière. L’objectif être plus autonome sur le déplacement des cochons, leur approvisionnement et le transport du matériel de clôture sur une parcelle distante de la ferme + trouver des solutions pour les attraper individuellement sans leur courir après (d’où les réfectoires mobiles, avec des cellules individuelles pour les attirer).

Tout ceci est encore en cours de construction, mais quelques photos sont à venir bientôt !

Aller plus loin :

  • Largement inspirée de cet exemple : la cabane à cochons de l’Atelier Paysan, réalisée lors d’un atelier aux Rencontres 2016 de l’Atelier Paysan. Les plans sont encore en développement et une version actualisée sera disponible bientôt ! Quelques infos sur cette news du site , et quelques photos des Rencontres :

Atelier cabane cochons AP.jpg

Ces travaux de recensement bénéficient du soutien financier de l’Europe et du Réseau Rural National , par le biais de la Mobilisation Collective pour le Développement Rural coordonnée par l’Atelier Paysan sur "L’innovation par les Usages, un moteur pour l’agroécologie et les dynamiques rurales" (2015-2018), dont la FNCUMA, la FADEAR, l’InterAFOCG, AgroParisTech et le CIRAD sont partenaires.

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Statistiques : Posté par Lucas AP — 19 Juillet 2016, 18:26 — Réponses 0 — Vus 439